Source : Moniteur de la Guyane Française de 1874 n°41 samedi 10 octobre 1874. Archives Territoriales de la Guyane


Le 15 du mois dernier (15 septembre 1874), le Gouverneur, accompagné de son aide de camp, s’embarquait sur Le Serpent, pour aller inspecter les pénitenciers des Iles-du-Salut et de Kourou, et visiter le quartier de Sinnamary qui, depuis quelque temps, semble prendre une importance croissante.
À Kourou, le Chef de la colonie a eu la satisfaction de trouver les poteaux de la ligne télégraphique qui est en voie d’installation, préparés comme il l’avait prescrit ; c’est-à-dire dépouillés de leur écorce et enduits, à la base et au sommet, d’une couche de goudron qui avait permis de les carboniser a une profondeur à peu près uniforme, d’un demi-centimètre, afin de les préserver des effets destructeurs de l’humidité.
Des mesures ont été prescrites, sur place, pour régulariser le transport de 410 de ces poteaux jusqu’au pont de Macouria, en leur faisant remonter la rivière de ce nom, à bord de deux chalands du service pénitentiaire, remorqués par la chaloupe à vapeur. Cette opération s’est heureusement accomplie, grâce au zèle de M. Luzio, commandant du pénitencier de Kourou, et au concours de M. le capitaine du Serpent, qui a remorqué les chalands et la chaloupe de Kourou jusqu’à l’entrée de la rivière de Macouria.
Quelques jours après, le Gouverneur se rendait, avec tout le personnel de l’inspection de l’immigration, à Sinnamary, où il était reçu par les autorités locales. Après avoir visité le bourg et ses environs, l’établissement des sœurs, les écoles, la gendarmerie, le presbytère et la mairie, le Chef de la colonie convoqua les notables de la localité, et s’entretint longuement avec eux des différents besoins du quartier et des moyens de favoriser le développement que semblait lui promettre le progrès de l’industrie aurifère, dans le haut de la rivière. L’emplacement de trois débarcadères projetés fut déterminé dans cette réunion. Le régime des immigrants malades fut l’objet d’un sérieux examen, et de recommandations spéciales, pour leur assurer un traitement convenable.
Le 28, le Gouverneur, après quatorze jours d’absence, opérait son retour au chef-lieu.
Fin de la chronique
