LES FORÇATS CANNIBALES.

Source : GOOGLE
Titre du livre : La Guyane Française, notes et souvenirs d’un voyage exécuté en 1862-1863 par Frédéric Bouyer capitaine de frégate.
Ouvrage illustré de types, de scènes et de paysages par Riou et de figure d’histoire naturelle par Rapine et Delahaye, d’après les croquis de l’auteur et les albums de messieurs Touboulic, Masson, Farcy, et Rodolphe, officiers de la marine impériale.
Nombre pages : 318
Libraire de L. Hachette et Cie. Bd Saint Germain, n°77 Paris.
Année publication : 1867.
Les forçats cannibales Page 259 à 275.

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                                        LES FORÇATS CANNIBALES.

L’île de Cayenne est enlacée dans le réseau hydrographique le plus étrange. La rivière de Cayenne, après s’être séparée en deux branches, l’une appelée rivière de Montsinéry, l’autre rivière de Tonnégrande, communique avec le Mahurypar la rivière du Tour-de-l’Ile. A ce point de jonction, le Mahury change de nom et prend celui d’Oyac, et, à quelques lieues de là, il se divise en deux branches dont la principale se nomme la rivière de la Comté, et la seconde l’Orapu.

La rivière de la Comté de Gennes, par abréviation rivière de la Comté, est ainsi nomméede M. le comte de Gennes, chef d’escadre, qui s’établit à Cayenne en 1696, au retour d’une expédition malheureuse au détroit de Magellan. Il obtint du roi une concession de cent pas de terrain, tout le long de la rivière d’Oyac en allant vers l’Amazone, pour en jouir à perpétuité lui et ses descendants. Cette concession fut érigée en comté par lettres patentes datées de Versailles, du mois de juillet 1698.

Son établissement nouveau, si bien consacré par la faveur royale, ne semble pas avoir prospéré; car nous retrouvons M. de Gennes gouverneur de Saint-Christophe en 1702, à l’époque où la partie française fut occupée par les Anglais. Traduit devant un conseil de guerre à la Martinique, l’infortuné gouverneur est convaincu de lâcheté, dégradé de noblesse et privé de la croix de Saint-Louis. Il fait appel de ce jugement, et part pour la France; mais il est pris en route par les Anglais et meurt à Londres. Le roi réhabilita sa mémoire.

La rivière de la Comté fut choisie, en 1854, pour un établissement pénitentiaire et agricole. On y fonda les pénitenciers de Saint-Augustin et de Sainte-Marie sur la rive droite de la rivière, et, après avoir vainement lutté contre l’insalubrité du pays, on les abandonna en 1859.

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