La Guyane Française en 1865 (chapitre 6)
Source : gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France
Titre : La Guyane Française en 1865, aperçu géographique, historique, législatif, agricole, industriel et commercial.
Auteur : M Léon RIVIÈRE.
Fonction de l’auteur : Directeur de la Banque de la Guyane Française.
Année de publication : 1866.
Numéro de la dernière page : 359
Impression : Imprimerie du Gouvernement.
(L’auteur, M Léon RIVIÈRE, précise qu’une publication a été faite dans La Feuille Officielle de la Guyane. Je ne l’ai pas vérifié.)
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Huitième partie
Chapitre VI
Règne végétal
Productions naturelles.
Je n’ai pas l’intention de décrire tous les végétaux de la Guyane française dans leurs feuilles, leurs fleurs et leurs fruits. Ces détails, qui sont d’une nécessité́ absolue pour distinguer les familles, les genres et les espèces, ne seraient à leur place que dans un ouvrage spécial. La vie d’un homme suffirait à peine, d’ailleurs, à en dresser un catalogue à peu près complet. Je me bornerai donc à décrire, dans la première partie de ce chapitre, l’aspect général sous lequel se présente la végétation à la Guyane. Fidèle au plan que je me suis tracé au début de ce travail, je dresserai, dans la seconde partie, la liste des productions spontanées du sol, pouvant être, utilisées dans le commerce ou dans l’industrie et qu’il serait facile d’exploiter. Je ne citerai que pour mémoire les denrées alimentaires, les productions si précieuses et si variées obtenues par la culture et livrées à l’exportation, en réservant, a cet égard, tous détails pour le chapitre relatif aux circonscriptions territoriales et à leurs cultures.
Les sources auxquelles j’ai puisé sont : l’Histoire des plantes de la Guyane française de Fusée-Aublet, la notice publiée en 1827 sous le titre de Forêts vierges de la Guyane, par Noyer, l’Histoire de la Guyane anglaise de Dalton, et un manuscrit encore inédit sur la cryptogamie vasculaire, qu’a bien voulu me confier M. Leprieur, chevalier de la Légion d’honneur, pharmacien de la marine en retraite. Je n’ai pas manqué de consulter aussi le catalogue si exact des produits des colonies françaises envoyés à l’exposition universelle de Londres en 1862.
- 1er. — Aspect général de la végétation.
L’observation qui a formé la base, les archives et, pour ainsi dire, les annales des sciences naturelles a prouvé que la plupart des végétaux sont les mêmes dans les terres situées sous les mêmesclimats et à des élévations égales. Il y a donc lieu de penser que toutes les plantes qui se trouvent sur les terrains analogues des autres parties du continent et des îles de l’Amérique situées entre les tropiques , existent et seront un jour découvertes dans l’intérieur de la Guyane française.
On peut affirmer que nous connaissons à peine, aujourd’hui, le tiers des plantes qui composent la flore de cette vaste partie du continent américain, et qu’aucune contrée du monde n’approche de la richesse de sa végétation, à l’exception des bords de l’Amazone et des forêts de l’archipel de la Sonde.
Celte végétation n’offre rien de remarquable sur les bords de la mer. On n’y voit que les deux espèces de palétuviers : les palétuviers rouges (rizophora mangle), les palétuviers blancs (avicennia nitida et tomentosa) et le lagunculariade Jaquin qui y forment des forêts épaisses au-delà desquelles on trouve les savanes noyées et les terres basses; des caladium arboreum en grand nombre et des palmiers pinots (euterpe oleracea et euterpe edulis), qui ont fait donner aux savanes noyées et aux terres humides, dans, lesquelles ils vivent, le nom de pinotières.
Dans ces vastes savanes paludéennes, qui se prolongent toujours parallèlement au rivage de la mer, on rencontre avec diverses espèces de nymphœacées (nuphar), des pontédéries à épis élégants, de la famille des narcissées, et le ceratopteris parkerii, genre de fougères remarquables qui se cultiveraient facilement dans les aquariums des serres d’Europe, des salvinies et des azolles, de la famille des marsiléacées, qui se balancent : dans l’air avec leurs fleurs aux teintes brillantes et aux formes étranges, ou se trouvent flottantes sur toutes les eaux dormantes, répandant au loin leur parfum et formant un tapis épais qui dérobe complétement la vue de l’eau. C’est dans les lacs de cette zone que-doit exister, de l’Oyapock à Kaw, la victoria regina de Lindley, la plus belle des plantes de la flore des Indes occidentales. Là vivent aussi quelques-uns des grands végétaux qui fournissent des aliments à l’homme et qui peuvent être arrosées soit avec de l’eau douce, soit avec de l’eau de mer:1ecocotier (cocos nucifera), le bananier (musa paradisiaca) et l’avocatier (persea gratissima). Non loin de cette zone, et les pieds encore dans l’eau, vivent en forêt épaisse tous les individus du bache (mauritia vinifera Martius), palmier morichede Humboldt, mirici des bords de l’Amazone, dont les graines servent à la nourriture des indiens.
Dès que l’on a quitté les bords de ma mer, la végétation change : les arbres sont doués d’une constitution plus robuste ; ils sont élevés, droits, d’un bois dur, compact, odorant. Aux bords des fleuves, des rivières et des criques, on trouve les deux espèces de cacao sauvage (carolinea de Linné), des oréodaphnées, des ocotées de la famille des laurinées, des combrétacées, genre d’arbrisseaux grimpants, aussi intéressants par leur port élégant que par la beauté des fleurs des espèces qui le composent, ainsi que plusieurs espèces d’échites, genre d’apocynées, arbustes volubiles, et de liserons (convolvulus), dont les fleurs de différentes couleurs simulent des guirlandes ou dessinent des portiques.
Mais c’est au sein des forêts vierges de la Guyane que la nature étale, aux yeux surpris du voyageur, tous les trésors de sa magnificence. On trouve, dans certaines parties de ces forêts, les trois végétations dont nous avons déjà parlé dans notre Chapitre IIe, végétations bien distinctes, superposées, s’étageant l’une sur l’autre et vivant ensemble sans se gêner ni se nuire.
La première se compose de ces arbres gigantesques de trente à quarante mètres de hauteur, qui forment un dôme épais impénétrable aux rayons du soleil, ne vivant pas par famille et par grandes associations, comme dans les forêts de l’ancien continent, mais disséminés, mêlés avec les essences les plus dissemblables: les nombreuses espèces d’eugenia et de myrcia, les quatre espèces de quatélé (lecythus grandiflora, amar, lutea et zabucajo), de la famille des myrtacéés, les espèces de saouari (caryocar tomentosum et saouri glabra d’Aublet), les cèdres (icica), de la famille des térébinthacées, les espèces d’ébènes, les tecoma et les jacaranda, de la famille des bignoniacées, les grignons (bucida buceras), les moras (mora excelsa), dont le cœur vaut le chêne pour la tannerie, les courbarils (hymenœa courbaril), couverts dans la saison d’été de longs épis de fleurs violettes, rouges, blanches, selon les diverses espèces les astrocaryums, genre de palmiers, quelquefois sans tige apparente, la plupart en ayant une, grêle et élancée, à épis de fruits, de trois à quatre mètres de longueur, protégée par des épines noires de quatre à six pouces, plates et affectant la forme de poignards ; les espèces beaucoup plus petites du genre geonoma, les quatre du genre attalea, et surtout les trois belles espèces de palmiers œnocarpus batawa, regius et bacaba.
La seconde végétation comprend des arbres de dimensions plus modestes, mais qui ont encore de dix à quinze mètres de hauteur quatorze espèces de laurinées dont les plus remarquables sont : l’acrodiclidium guyanense et kunthianum, le nectandra cinnamomoïdes,dont l’écorce est astringente et aromatique, le laurus pulchéri,qui produit les noix de sassafras, le nectandra puchuri majoret la varié minor, qui donnent les fruits qu’on nomme pichurim,l’ajovea guyanensisd’Aublet (laurus hexandra de Swartz), les oreodaphne divaricata, martiniana et commutata, l’ocotea guyanensis et le licaria guyanensis,tous deux d’Aublet , divers genres de mélastomes et un grand nombre d’espèces de la famille des légumineuses.
Vient enfin la troisième végétation, composée d’arbustes plus humbles, de mélastomes de petite taille, d’un aspect élégant, à feuilles opposées, aux fleurs tantôt nues, tantôt accompagnées de bractées, feuilles florales en formé d’écailles ; ici, l’on voit des rubiacées, les genrescoffea cephalisde la famille des violacées, les tapogomées dont il y a huit espèces a la Guyane; là, sur les pentes sèches, on trouve en grande quantité́ les palmiers conana (astrocaryum acaule) et les diverses espèces de bactris à épines noires et à épines blanches, les uns à tige unique, les autres pressés en touffes impénétrables ; là encore, sur les pentes humides, la famille nombreuse des palmiers dioïques dont le vent charrie à travers les airs la poussière fécondante des mâles pour la porter sur les femelles; tels que les maricoupi (attalea compta) et les maritonton (attalea acaule), dont les feuilles servent à couvrir les cases, carbets et ajoupas ; dans les bas-fonds, des aroïdes mêlées à des fougères arborescentes et acaules, à de charmantes espèces de palmiers geonoma qui toutes sont sans épines. La plus jolie de ces espèces, le geonoma stricta n’est que de la grosseur d’une plume d’oie ; on rencontré, enfin, sur le bord des ruisseaux, le tourlouri des indiens (manicaria saccifera de Marius), à feuilles sans fissures, de près d’un mètre de largeur sur trois ou quatre de longueur, à épi compact et rameux couvert de fruits tuberculeux.
Le sol de certaines parties des forêts de la Guyane française est couvert de plantes herbacées et parasites: les caladium, genre de la famille des aroïdes, à feuilles diversement nuancées de rouge, de rose, de blanc et de vert, et de nombreuse espèces de maranta, de la famille des amomées, entre autres le maranta zébré, remarquable par ses longues feuilles rayées de brun velouté et de jaune en dessus et un beau violet en dessous. Les troncs des arbres portent à leur tour de nombreuses plantes épiphites appartenant aux orchidées aux épidendres et aux broméliacées, espèces nombreuses qui sont encore pour la plupart inconnueset qui feraient, si elles y étaient transportées, le plus bel ornement de nos serres d’Europe.
La flore de la Guyane française se compose d’une multitude d’autres espèces particulières au continent méridional américain, se subdivisant elles-mêmes en genres nombreux qui ne sont encore décrits nulle part, qui ne sont pas même dénommés. C’est à un homme spécial qu’il appartient de compléter le beau travail de Fusée-Aublet.
Je regrette de n’avoir pu me procurer l’ouvrage de Schomburgk, intitulé A description of british Guiana.Il présente, dit-on, le tableau le plus fidèle et le plus complet de la flore de cette partie du continent américain.
Dalton, dans son histoire de la Guyane anglaise, IIe volume, page 215 et suivantes, a classé, d’après la méthode du professeur Lindley, près de six mille arbres, arbustes et plantes avec désignation des familles, des genres et des espèces. Presque tous les végétaux qui y sont énumérés se trouvent ou doivent se trouver à la Guyane française. C’est donc un ouvrage utile à consulter pour quiconque se livrera à l’étude de la botanique de notre colonie. Cette oeuvre si consciencieuse contient cependant des omissions et des doubles emplois : certains genres, manquent entièrement ; or, il n’est pas probable que la végétation de la Guyane anglaise soit assez différente de celle de la Guyane française, pour qu’un genre entier qui se trouve dans la seconde n’existe pas dans la première des deux colonies. D’un autre côté les sésamums ne peuvent être classés en même temps dans les bignoniacées et dans les pédaliacées (page 256). Mais ce sont de légères imperfections que rachète la solidité de l’ensemble dans cette œuvre estimable à bien des titres.
M Leprieur est le seul botaniste qui ait fait pour la cryptogamie guyanaise ce que Dalton a fait pour la flore entière de la Guyane anglaise. Il a publié dans les annales des sciences naturelles, tome XIV, cahier n° 5, un grand nombre d’espèces de cryptogames cellulaires par lui découvertes à la Guyane. Il a pu envoyer de 1835 à 1849, à la société, de géographie de Paris, trois collections successives de mousses et d’hépatiques qu’il avait recueillies pendant son premier voyage entrepris, à travers la Guyane centrale dans le but de découvrir des sources du Maroni. Aucun autre collecteur n’a jamais montré plus d’habileté dans ses investigations ni eu la main aussi heureuse. Sur les 724 espèces dont se composaient ces trois collections, il y avait76 algues dont 50 nouvel1es, 7 collemacées (2 nouvelles), 179lichens (50 nouveaux), 179 hyménomycètes (86 nouvelles), 24 discomycètes (16 nouvelles), 124 pyrénomicètes (86 nouvelles), 20 gastéromycètes (9 nouvelles), 65 hépatiques (24 nouvelles) et 55 mousses (11 nouvelles), en tout 335 espèces nouvelles qui ont subi depuis longtemps le contrôle des botanistes dont un grand nombre figure dans la nomenclature de Dalton avec la désignation du nom de leur inventeur.
M Leprieur a découvert, en outre, un grand nombre de cryptogames vasculaires qui comprennent les fougères, les lycopodiacées, les polydiacées, etc. J’extrairai du précieux manuscrit, qu’a bien voulu me confier M. Leprieur, la nomenclature de ces nouveautés cryptogamiques, qu’il est dans l’intérêt de la science de livrer au domaine public. Mais avant d’en donner l’énumération, j’appellerai l’attention des botanistes et en particulier des psychologistes sur un fait singulier, signalé par M. Leprieur, celui de la station insolite de quelques floridées dans les eaux douces et courantes de criques descendant des montagnes du Mahury et de Kaw.
Tous les botanistes, mais surtout ceux qui se sont spécialement occupes des algues, n’ignorent pas que, des trois familles qui composent cette grande classe de végétaux, il n’en est qu’une seule, celle des zoosporées qui ait des représentant dans les eaux douces et salées, c’est-à-dire, dont les espèces puissent vivre à la fois dans la mer, dans des fleuves et dans les plaines marécageuses. Quant aux phycoïdées ou fucacées, et aux floridées surtout, on n’en avait pas encore rencontré ailleurs que dans les eaux salée ou du moins saumâtres. Une seule espèce, le fucus amphibiusHuds, vit quelquefois dans ces dernières conditions, mais n’a jamais été trouvée dans des rivières qui, ne communiquant pas directement avec la mer, ne sont pas soumises a l’influence des marées.
Or, M Leprieur a recueilli dans les eaux courantes de la Guyane trois bostrichia, un gymnogongrus et deux ballia.
Ces algues, et quelques autres propres aux eaux douces ont été récoltées dans les criques de la rivière du Mahury, dans la crique cacao, distante de Cayenne de plus de 80 kilomètres, et dans les cours d’eau de la crique Gravier des montagnes de Kaw, a environ 40 kilomètres de la mer et à une altitude de 100 à 150 mètres. Ce qu’il est important de remarquer, c’est que l’eau de ces criques ne présente aucune espèce de salure : ce sont des eaux vives torrentielles, dont, la source filtre, à travers les minerais de fer, qui constituent les sommets de ces montagnes. L’ élévation, du lieu est du reste une autre circonstance qui doit exclure toute idée que le flux puisse pénétrer jusque là pour y apporter les germes de ces plantes dont les formes sont d’ailleurs entièrement nouvelles. Il y a encore ceci à noter, c’est que M. Leprieur a constaté sur les lieux mêmes que ces algues répandaient une forte odeur de marée, tout à fait semblable à celle qu’exhalent leurs congénères marines. L’état de dessiccation récente ne détruit même pas entièrement ce caractère.
Toute explication de ce fait est impossible dans l’état actuel de la science. Si une seule de ces espèces vivait dans la mer qui baigne les côtes de la Guyane, on pourrait s’ingénier à rechercher comment et par quelle voie ses spores ou sémicules sont arrivées a franchir un aussi long trajet et ont pu conserver la faculté de germer, de végéter et de se reproduire dans des conditions si différentes. Mais ces espèces sont toutes nouvelles, et à moins d’admettre que leur structure et leur forme ont pu être modifiées par cette station inusitée et pour ainsi dire anormale, on ne saurait les rapporter à aucune des trois congénères qui croissent à la Guyane, dans les fleuves et rivières où remonte la marée.
Ce qu’il y a de plus singulier, dans ce fait, qu’un botaniste pourra, sans doute, un jour confirmer, c’est la présence d’un ballia, genre exclusivement marin, sur les filaments d’un batrachosperme nouveau, fixé aux rochers de la crique Gravier des montagnes de Kaw, et, si l’on pouvait, conserver quelques doutes sur la découverte de M. Leprieur cette floridée parasite sur une zoosporées dont les congénères ne vivent que dans les eaux douces, suffirait pour les dissiper à l’instant.
Parmi les 275 espèces de cryptogames vasculaires recueillis par M. Leprieur et qui ne figurent pas dans les species des familles auxquelles elles appartiennent, les plus remarquables sont :
Lycopodium plumosum (Rivière Gabaret)
Lycopodium pusillum (Montagne-Tigre et Matouri)
Lycopodium articulatum (Gabaret, Oyapock)
Lycopodium paradoxum (Mont-Sinéry, saut Brodel, Comté)
Ophioglossum induviatum (Baduel)
Ophioglossum nervosum (Banlieue de Cayenne)
Ophioglossum acutifolium (Sinnamary)
Ophioglossum gracile (Intérieur)
Ophioglossum pulchellum (Ile-de-Cayenne).
Ophioglossum augustifolium (Banlieue de Cayenne, Oyac)
Ophioglossum udulatum (Banlieue de Cayenne).
Danœa megaphylla (Approuague)
Danœa sarcorhyza (Intérieur)
Danœa oligophylla (Camopi)
Danœa latifolia (Approuague).
Danœa elegans (Intérieur).
Danœa leprieurii (Rivière des Cascades)
Danœa simialata (Conana).
Danœa polyphylla (Comté).
Ceratopteris fragilis (Banlieue de Cayenne).
Lygodium macrostachium (Ile-de-Cayenne).
Acrostichum dentatum (Comté).
Acrostichum dermophyllum (Oyapock)
Acrostichum laminarioïdes (Oyapock)
Acrostichum maximum (Oyapock)
Polypodium falciforme (Couripi, Cayenne)
Metaxia parkerii (Gabaret)
Metaxia argenrea (Montagne d’Argent)
Vittaria curvata (Intérieur)
Antrophiüm graminifolium (Intérieur)
Antrophiüm pendulum (Gabaret)
Adientum ptéridioïdes (Banlieue de Cayenne)
Adientum reticulatum (Kaw)
Adientum hirsutum (Conana)
Lindsœa lunulata (Oyapock)
Aspidium durum (Ouanari, Conana)
Aspidium tomentosum (Rivier Saï)
Alsophila microcarpa (Saut Brodel)
Alsophila dentata (Rivière des Cascades)
Alsophila obscura (Comté)
Cythea tomentosa (Conana, Cacao)
Cythea tristica (Comté)
Tichomanes crispum (Orapu)
Tichomanes atroviveus (Gabaret, Saï)
Tichomanes leprieurii (Ouanari)
M Leprieur a reconnu, en outre, et classé la plupart des espèces de cryptogames cellulaires ou vasculaires antérieurement décrites.
- 2.- Arbres, Arbustes et Plantes utiles.
Je n’ai pas cru devoir adopter, pour cette partie de mon travail, la classification scientifique des botanistes, mais l’ordre alphabétique, beaucoup plus commode pour les recherches, établi par Noyer dans sa nomenclature des bois de la Guyane
(Forêts vierges de la Guyane française, page 23), et par M Aubry-Lecomte dans le catalogue de l’exposition universelle de Londres (Revue maritime et coloniale, avril 1862) :
Agave, dont deux espèces : agave vivipara et agave americana, excellents textiles, nommés karatasà Cayenne.
Acacia (mimosa guyanensis) ; ses branches fournissent de petites courbes pour embarcations, et son écorce une résine qui peut remplacer la colle des luthiers.
Acajou. On confond sous ce nom, à Cayenne, trois ou quatre arbres qui n’ont entre eux aucun rapport. Les véritables acajous sont: 1° l’acajou-savane ou à pommes (anacardium occidentale), de la famille des térébinthacées, qu’on ne trouve que dans les savanes sèches. Sa gomme ne peut être comparée à la gomme arabique: elle n’est pas soluble comme cette dernière. Ses pédoncules charnus, qu’on nomme a tort pommes, sont pleins d’un suc qui a un goût acerbe ; ses fruits appelés noix contiennent une amande douce, tandis que les loges du péricarpe sont remplies d’un sue huileux, ancré et corrosif ; 2° l’acajou pâle, et 3° l’acajou rouge, espèces du genre cedrela, de la famille des cédrelées, qu’on trouve dans les grandes forêts. Quant au Swietenia mahogani, il n’existe pas à la Guyane française. Par compensation, il y a au jardin de Baduel, au camp Saint-Denis et au cimetière plusieurs fort beaux pieds de l’acajou lourd de la Sénégambie (kahia senegalensis), et il serait à désirer qu’il y en eût davantage.
Aloës (aloë perfoliata), textile.
Amblanier (ambelania acida aubletii) produit un fruit, qui, mis en confitures, guérit la dysenterie. Les créoles l’appellent quienbendent, parce que par sa viscosité́ il adhère, aux lèvres et aux dents. On le nomme aussi graine-biche.
Ambrette (hibiscus abelmoscus) ; calalou sauvage; c’est la ketmie odorante. Ses semences, connues sous le nom de graines d’ambrette, servaient, autrefois, à parfumer la poudre à poudrer.
On dit que les Arabes les mélangent avec le café pour lui communiquer une odeur encore plus suave.
Amourette(medicago arborea), arbuste dont les feuilles, qui ont des qualités purgatives, sont employées en infusion.
Ananas (bromelia ananas), fruit d’une saveur exquise. Celui de Maurice peut seul lui être comparé, non pour le volume, mais pour le goût et le parfum. On en fait un sirop délicieux.
Angélique (dicorenia paraensis), à grandes dimensions ; peut être utilisé pour quilles et bordages ; supérieur au chêne pour les constructions navales.
Aouara (astrocaryum vulgare), espèce de palmier dont le fruit vient par régimes, engraisse les bestiaux et donne une huile propre à l’éclairage. Selon Barrère, on l’emploie avec succès contre les coliques et les douleurs d’oreilles. (Voir palmier.)
Aracouchini (icica aracouchini) ; son suc balsamique guérit, selon Aublet, la lèpre ou mal rouge.
Arbre à encens (icica heptaphylla) hauteur dix mètres, diamètre soixante centimètres : il découle de son écorce entamée un suc clair, transparent, balsamique et résineux qui, desséché devient une gomme blanchâtre qu’on appelle résine élémi. On l’emploie dans les appartements et dans les églises au même usage que l’encens. On appelle cet arbre arouaoudans le pays.
Arbre à flèche (maranta arundinacea Aublet)[1]; succédané du quinquina ; une de ses espèces, l’arouma (maranta tonka), sert à faire des corbeilles et des paniers ,appelés dans le pays paqaras. Les racines en fourche d’une autre de ses espèces (maranta dichotoma), sont garnies de tubercules plus ou moins gros, dont on extrait l’arrow-root. La culture de celte plante robuste pourrait, être illimitée à la Guyane : son rendement est considérable et sa préparation facile.
Arbre à pain, dont plusieurs espèces : arbre à pain à graines (artocarpus jaca) ; arbre à pain igname (artocarpus incisa). Son nom vulgaire est jaquier produit des fruits comestibles.
Avocatier (persea gratissima), dont les fruits sont regardés comme anti-dysentériques. Ayapana (eupatorium ayapana), sorte de thé, excellent en infusion, très stomachique.
Azier (nonatelia officinalis) ; l’infusion de ses feuilles ou du moins calme l’asthme. (Ce mot est une corruption de hallier.)
Bagasse (bagassa guyanensis), arbre à grandes dimensions, vingt-cinq à trente mètres de hauteur, près de deux, mètres de diamètre, bon pour les constructions navales. Son écorce entamée rend un suc laiteux. Deux variétés : le bois du bagassier de montagne est léger, celui des terres basses est pesant. .
Balata, nombreuses espèces : balata franc (achras sapopta ou sapota mulleri) très dur, inattaquable par les termites; donne une gutta-percha supérieure à celle de l’Inde bon pour les constructions navales ; c’est le balata saignantdu pays; balata indien (balata indica) ; le Balata dit de montagne ou balata rouge (achras sapota) produit des fruits ronds de la forme d’un citron vert et d’un goût très agréable. Ces fruits sont très laiteux. Ce lait est employé par les Portugais et les Brésiliens contre les maladies de poitrine. On m’a cité à Cayenne des cures fort remarquables opérées, dit-on, par la vertu des fruits ou plutôt du lait des fruits du balata rouge.
Bambou (bambos arundinacea) ; la plus grande plante de la famille des graminées, s’élevant jusqu’à vingt mètres ; son bois fournit des ustensiles et des meubles.
Bananier (musa paradisiaca), dont les fibres pourraient être utilisées dans la fabrication du papier.
Bananier corde (abaca textilis) ; sa fibre sert à faire des cordes et des tissus de la plus grande beauté.
Bancoulier (aleurites triloba), sa noix donne une huile excellente pour l’éclairage.
Barlou (urania guyanensis Richard), espèce de palmier nommée barlourou, dans le pays,excellent textile; les Indiens mangent ses graines rôties.
Basilic ou grand basilic (ocymum), condiment,
Basilic sauvage (matourea pratensis). Cette plante est regardée comme un bon vulnéraire ; écrasée, elle fournit une décoction utile en pharmacie.
Beslère (besleria violacea); le suc de sa racine et de -ses fruits teint en violet le coton ou les pailles.
Boco (bocoa prouacensis,) bois de couleur à grandes dimensions; bon pour le pouliage et l’ébénisterie.
Bois amer. (Voir coachi.)
Bois calumet (mabea piriri). On fait des tuyaux de pipe avec les menues branches de cet arbrisseau.
Bois bagot (coccoloba ririfera ?), bonjour la menuiserie et l’ébénisterie.
Bois balle (trichillia), propre aux constructions navales; son fruit ressemble à un petit boulet.
Bois cannelle (laurus guyanensis) ; même usage.
Bois canon (cecropia peltata Linné). On l’appelle bois trompette à Saint-Domingue.
Bois de lettre moucheté (piralinera aubletii), à grandes dimensions. Trois espèces: le lettre moucheté et le lettre marbré, utilisés en ébénisterie, le lettre à grandes feuilles, bon pour la construction et le charronnage: c’est le letter-wood ou bourracourra de Demerary.
Bois de rose (licaria guyanensis), atteint une hauteur de vingt mètres et a un diamètre de plus d’un mètre, le bois de cet arbre est jaunâtre. Il y en a deux espèces: le bois de rose mâle, propre à la charpente et aux constructions navales, et le bois de rose femelle, qu’on débite en planches : cette dernière espèce renferme une essence qu’on extrait par la distillation. On désigne souvent, dans toute l’Amérique, ces deux espèces sous le nom de sassafras.
Bois di vin, en créole, bois qui ressemble au vin; charpente et charronnage.
Bois la morue ou lézard (vitex devaricata) ; construction, charpente et charronnage.
Bois Lemoine; mêmes usages.
Bois macaque (lecythis zabucajo), très grand arbre ; constructions navales, charpente, et charronnage. Fusée-Aublet, dans son ouvrage, le nomme quatelé et zabucajo. On rappelle aussi tococo : c’est son nom en langage galibi ; son écorce pourrait être utilisée pour la fabrication du papier. Les Indiens s’en servent pour faire des cigarettes.
Bois pagaie (cassia apoucouila) ; même usage on le confond avec le courimari.
Bois puant ou pian (perigara tetrapelata), employé́ dans le pays pour faire des cerceaux; bon pour constructions, charpente et charronnage.
Bois rouge, deux espèces : (houmiri balsamifera), atteignant une hauteur de vingt mètres sur soixante-quinze centimètres de diamètre; résineux ; bois de construction, bardeaux, courbes, charpente et charronnage ; bois rouge tisane (houmiri officinalis), bon pour construction. Sa liqueur résineuse et balsamique n’est point âcre et peut être employée intérieurement, comme le baume du Pérou avec lequel elle a du rapport.
Bois sabre (eperua falcata) ou ouapa. (Voir ce mot.)
Bois violet (copaïfera bracteata), à grandes dimensions; propre à l’ébénisterie et au tour.
Bourgouni (mimosa bourgouni).
Cacaoyer (theobroma cacao); on le trouve à l’état sauvage. Cultivé, la graisse de son fruit, desséchée et préparée, forme la base du chocolat. (Voir chapitre VII)
Caféier (coffea arabica). (Voir chapitre VII.)
Café-diable (iroucana) ; ses feuilles servent à nourrir les vers à soie indigènes.
Calalou (hibiscus esculentus). (Voir Hibiscus.)
Calebassier (crescentia cujete) ; quatre variétés. On lait des couis et des ustensiles de ménage avec ses fruits, dont la chair intérieure fournit un excellent sirop.
Campêche (hœmatoxilon campechianum) ; donne une teinture de couleur chocolat.
Canari macaque ; ce n’est pas un arbre, c’est le fruit du lecythis grandiflora, appelé dans le pays couratari. (Voir ce mot). Ce dernier fournit l’écorce dite improprement maho, les maho étant complètement estrangers aux lecythis.
Canne a sucre (saccharum officinarum). (Voir chapitre VII)
Canne congo (costus amomum) ; peut servir à la teinture ; est employée comme rafraîchissant.
Caraïpe (caraïpa angustifolia). Les Indiens emploient les cendres de son écorce, mêlées avec une terré grasse pour fabriquer leurs poteries. Les créoles l’appellent manche-haches ; son bois est, en effet, estime l’un des meilleurs pour faire des manches de haches, cognées, serpes et autres instruments.
Carapa (carapa guyanensis Aublet) ; deux variétés de couleur : le carapa rouge et le carapa blanc, toutes deux employées pour faire des planches. Leur fruit donne une huile à brûler excellente. On peut s’en frotter le corps pour éloigner les insectes, mais son odeur est si désagréable que le remède devient pire que le mal. C’est le crab-vood de la Guyane anglaise. Les xilocarpuscarapa ne se trouvent pas à la Guyane: ce sont des arbres des Moluques. Carata ou Karatas (agave americana). (Voir Agave.)
Carmentin (justicia pectoralis), succédané de l’ayapana, pour infusions pectorales. C’estunacanthacée.
Casse du Para (cassia javanica). Cet arbre croît dans le quartier de l’Ile-de-Cayenne : on emploie ses gousses aux mêmes usages que la casse ordinaire.
Cèdre blanc (icica altissima) ; ainsi nommé parce que son bois est moins rouge que celui de l’arbre que les habitants appellent cèdre rouge ; hauteur, vingt mètres, un mètre vingt centimètres de diamètre. Lorsqu’on entaille l’écorce, il en découle un suc balsamique et résineux. Il sert à faire des planches,
Cèdre gris (icica decandra) ; rend un suc résineux, balsamique blanchâtre, liquide d’une odeur de citron. Ce suc en se desséchant devient une résine jaune transparente qu’on trouve par morceaux, plus ou moins gros sur l’écorce ou au bas du tronc. Hauteur, vingt mètres ; diamètre, un mètre ; planches, bordages.
Cèdre jaune (aniba aubletii) ; atteint à quinze mètres de hauteur, à soixante-dix centimètres de diamètre ; bois jaunâtre, pesant, aromatique ; sert a faire des mâts, des planches et des bordages.
Cèdre noir (laurus surinamensis), à grandes dimensions.
Centaurée ; deux espèces : la blanche (coutoubea spicata) , et la purpurine (coutoubea ramosa) ; plantes amères, stomachiques, vermifuges et fébrifuges.
Cerisier (eugenia de Sprengel) : sert à la charpente.
Citronnelle (andropogon, schœnanthus de Linné) : plante parfumée dont l’infusion chaude est employée comme sudorifique dans les cas de petite fièvre.
Citronnier (citrus vulgaris). On pourrait extra l’acide citrique qui serait en Europe d’un placement avantageux.
Cleome (cleome frutescens) ; croit dans les fossés de la ville de Cayenne ; ses fruits, écrasés, remplacent les cantharides pour former les vésicatoires.
Coachi, quachi ou bois amer (quassia amara), succédané du quinquina.
Cocotier (cocos nucifera) ; sa noix fournit une huile graisseuse, utile pour la savonnerie.
Comou (œnocarpus bacaca). (Voir Palmier.)
Conami (conami guyanensis), arbuste dont les nègres bosch emploient les feuilles pilées pour enivrer le poisson ; commun dans le Haut-Maroni.
Conana (astrocaryum acaule), dont la graine est excellente pour la saponification.
Cœur-dehors (diplotropis guyanensis) ; charronnage.
Copahu (copaïfera officinalis). On perce avec une tarière le tronc de l’arbre et on y adapte une bouteille ou un coui pour recevoir le baume qui en découle avec abondance, et qui est connu sous le nom de baume de copahu; très commun dans le Maroni, à partir du saut Hermina.
Corossolier. Plusieurs espèces, dont la plus commune est l’annona muricata ; aromatique ; calmant en infusion ; sert pour les bains.
Cotonnier (gossypium arboreum) ; textile ; originaire de la Guyane française d’où il a passé aux Etats-Unis et de là aux Antilles. Le coton indigène de la Guyane est courte-soie, mais de très belle qualité. (Voir chapitre VII).
Couaïe(qualea cœrulea) ; mâture.
Coumarou (coumarouna odorata); très grand arbre d’un bois dur et compact. Coumarouna (dypterix odorata, schreber genera). (Voir Gayac.)
Coumaté (mytacea coumate). le suc épaissi de cet arbre donne un vernis qui, une fois sec, est indélébile. On l’appelle dans le pays bois à dartres.
Coupaya (clusia insignis) ; charpente, constructions navales.
Goupi (acioa dulcis), haut de vingt mètres ; diamètre, un mètre cinquante centimètres ; bois dur, pesant, bon pour charpente et madriers : c’est le meilleur bois pour les constructions navales. Son fruit fournit une huile douce comme celle provenant des amandes.
Couratari (lecythis grandiflora). On trouve dans les forêts de la Guyane cinq espèces du genre lecythis : deux de ces genres, le grandiflora et le zabucajo, donnent des amandes comestibles ; les trois autres, parmi lesquels est le couralari guyanensisd’Aublet, genre conservé, ne produisent que des amandes amères. Le lecythis grandiflora est très propre aux constructions navales; Son fruit est appelé a Cayenne canari macaque.
Courbaril (hymenœa courbaril), un des plus grands arbres de la Guyane. Il découle de son tronc et de ses branches une grande quantité́ de gomme jaunâtre, transparente difficile à dissoudre, analogue a la gomme copale ; fournil un bon bois pour les constructions navales; planches, ébénisterie.
Courimari (courimari guyanensis) ; charpente et charronnage ; constructions. Avec ses arcabas les habitants fabriquent des planches, des pagaies, des gouvernails et des canots.
Crète de coq (heliotropium indicum). Les fleurs de cette plante, données en infusion , arrêtent les pertes de sang chez les femmes.
Dattier (phœnix dactylifera). (Voir Palmier.)
Ebène ; plusieurs espèces : 1° ébène verte (bignonia leucoxylon), fournirait d’excellentes traverses pour chemins de fer; bon pour toutes espèces de constructions navales : c’est le green-heart des Anglais. Il y a trois variétés de cette espèce, verte, vert-gris ; vert-noir ; 2° ébène rouge, bois de couleur et de construction; 3° ébène vert-souffré (taigu du Paraguay, famille des zygophyllées) ; 4° le Kéréré (bignonia aubletii), dont les fibres servent à faire des paniers, des chapeaux et aussi des liens qui tiennent lieu de cordes ; 5° la bignone incarnate (bignonia incarnata aubletii), servant aux mêmes usages; 6° la binonia copaïa, dont l’écorce est purgative et sémitive. Le suc de ses feuilles est excellent pour la maladie appelée pian dans le pays.
Franchipanier ou frangipanier (plumiera rubra), apocynée dont le suc laiteux est très suspect.
Fromager (bombax ceïba) ; produit une bourre servant de ouate.
Gayac (dypterix odorata Schreder), arbre de la plus grande dimension ; bon pour poulies ; succédané du gayac officinal ; produit la fève dite de tonka. Aublet le nomme coumarouna.
Genipa (genipa americana) ; bois de tour par excellence, charpente. Les Indiens retirent de son fruit une teinture noire avec laquelle ils se peignent le corps. Sa racine est efficacement employée pour la guérison du pian.
Gingembre (amomum zinziber) ; saveur âcre et brûlante ; active les fonctions de l’estomac. Cultivé.
Giroflier (cariophyllus aromaticus). (Voir chapitre VII.) .
Gomme-gutte (hypericum bucciferum). Le suc épaissi qui sort par incision de l’écorce de cet arbre se nomme gomme-gutte d’Amérique : on l’emploie dans les maladies de la peau. Cette gomme se dissout à l’eau chaude et prend une belle couleur jaune qui convient surtout aux étoffes de soie pour leur apprêt.
Goyavier ; deux espèces: psidium grandiflorum, dont le fruit donne une confiture très astringente, et l’écorce sert à tanner les cuirs ; psidium aromaticum, dont les branches et les feuilles sont utilisées pour les bains.
Grignon (bucida buceras), un des plus grands arbres de la Guyane ; son écorce est employée pour la tannerie ; son bois, pour la charpente, la construction des navires, l’ébénisterie et la menuiserie. Il est rarement attaqué par les vers. On en fait des armoires de préférence à tout autre bois ; il est important de le faire tremper un certain temps, dans l’eau courante, pour détruire la gomme mordante qu’il contient.
Grignon fou (qualea cœrulea) ; bon pour garnir l’intérieur des meubles.
Guinguiamadou, (Voir Yayamadou.)
Herbe-aux-brûlures (bacopa aquatca). L’application des feuilles de cette plante guérit les brûlures en peu de temps.
Herbe de guinée (panicum altissimum) ; bonne pour les bestiaux.
Hibiscus ; plusieurs espèces : hibiscus tiliaceusou maho ; hibiscus mutabilis(rose changeante de Cayenne ou maho à fleurs roses) : ces deux espèces fournissent un excellent textile ; l’hibiscus sabdariffadonne, l’oseille de guinée avec laquelle on fait d’excellent sirop, et l’hibiscus esculentusproduit une capsule, appelée calalou à Cayenne et gombo aux Antilles, qui fournit un mets estimé et un rafraichissant.
Igname (dioscorea bulbifera) ; deux espèces : l’une blanche et l’autre rosée. (Voir chapitre VII.)
Immortelle (erythrina corallodendron de Linné), sert a faire des entourages ; sa fleur ressemble à celle du chèvrefeuille.
Indigofère (indigofera tincloria). (Voir chapitre VII)
Ipecacuanha (boerhavia diandria) ; racine vomitive et purgative.
Jaquier (artocarpus integrifolia), genre d’arbres de la famille des urticées. Il comprend une seule espèces nommée arbre à pain : son fruit, très pulpeux et du volume de la tête, a une saveur de pain frais, et d’artichaut lorsqu’il est cuit. On en mange les noyaux comme nos châtaignes, son bois sert à construire des maisons et des bateaux. On fait des vêtements avec la seconde écorce ; ses chatons mâles tiennent lieu d’amidon. On fait avec son suc laiteux une glu pour prendre les oiseaux.
Jaune d’œuf (lucuma vitellina), de la famille des sapotées ; sert à faire des planches.
Jejerecou (xylopia frutescens), de la famille des anonacées, écorce aromatique. On fait usage de ses graines en guise d’épices.
Langoussi (ni décrit, ni classé) bon pour la charpente et la membrure des navires.
Lianes, nombreuses espèces : herbe-notre-dame, liane-à-cœur, liane-à-serpent, liane-mousse, liane-guélingue, liane-pareira-brava (voir ce mot); leur racine et leur bois sont toniques alexitères, diurétiques ; liane-ail (bignia alliacea) ; liane à énivrer le poisson (robinia nicou) ; liane palétuvier (echites biflora) ; liane amère (nodiroba) ; contre-poison ; liane molle (cissus sicyoïdes) : liane à eau {cissus venatorum) ; liane carrée (paullinia pennata), et sa variété (paullinia tetragona). On fait tremper dans l’eau les sarments de ces deux dernières lianes qui, après la macération, se séparent entre quatre parties avec lesquelles on fait des corbeilles, des paniers et de grands chapeaux.
Maho; six espèces: maho (thespesia populnea), fournissant ile meilleur textile ; maho de marécage, bon pour la charpente ; maho rouge, même usage ; maho noir, même usage ; maho couratary (icica pruriens), même usage ; maho taoub (iviria pruriens) ; vingt mètres et plus de hauteur, près de deux mètres de diamètre ; excellent bois de charpente ; textile.
Maïs (zea maïs) ; excellent textile.
Manabo (manabea arborescens Aublet); son bois se fend très facilement, de même que l’hyrtelle (hyrtelle americana), espèces indigène à la Guyane ; on travaille ces bois en lattes qu’on appelle dans le pays gaulettes.
Mancenillier à feuilles de laurier (hippomena biglandulosa), produit un suc laiteux qui contient du caoutchouc.
Manglier (conocarpus), la plus nombreuse des espèces de palétuviers grand bois (avicennia aubletii).
Manguier (mangifera therebithe), produit des fruits savoureux très recherchés.
Maniguette (uvaria zeilanica), plante connue sous le nom de poivre des nègres ou poivre d ’Ethiopie ; condiment.
Manioc (janipha manihot), farineux ; ses racines servent a faire la cassave, le couac et le tapioka.
Mani (moronobea coccinea), bon pour la charpente, et la mâture. De toutes les parties de cet arbre on obtient, par incision un suc qu’on emploie aux mêmes usages que le brai et le goudron.
Maria Congo, bois de couleur, ni décrit ni classé.
Melastome (melastoma amara). Arbrisseau, on emploie ses feuilles en infusion pour laver les ulcères ou les blessures occasionnées par des piqûres; arbre, s’élevant à vingt mètres de hauteur, il produit des fruits bons à manger qu’on appelle mêles: ses feuilles servent a polir le bois. Plusieurs côtes épais à pans triangulaires, écartées les unes des autres, supportent son tronc, s’élargissent et s’étendent près de terre. Elles sont connues à Cayenne sous le nom d’arcabas. « Les espaces compris entre ces côtes, qui ne sont que des expansions des racines, pourraient contenir plusieurs personnes ; on peut les considérer comme des étais que la nature semble avoir donnés a cet arbre gigantesque, dont la racine pivotante pénètre peu avant dans la terre, et qui, sans ces appui, serait exposé à être renversé par les vents.» (Noyer, Forêts vierges de la Guyane française, page: 7.)
Mencoar ou minquar (minquartia guyanensis), bois qui passe pour être incorruptible dans la terre ; ses copeaux, bouillis, donnent une teinture noire qui prend bien sur le coton ; charpente et menuiserie.
Millepertuis (hypericum sessilifolium) ; suc résineux purgatif; coupe les fièvres intermittentes.
Mirobolan (hernandia sonora), grandes dimensions ; fruit purgatif: l’écorce sèche prend feu sous le briquet d’où lui vient son nom dans le pays de bois amadou.
Mocaya (acrocomia sclerocarpa), bon pour la savonnerie.
Montjoly (varonia globosa), l’odeur des feuilles de cette plante est très agréable : on les emploie dans les bains et fomentations pour guérir les enflures, dissiper les douleurs, fortifier les nerfs ou désinfecter les appartements nouvellement peints.
Mora (mora excelsa), le roi des forêts, atteignant à une hauteur de quarante mètres, est considéré comme le meilleur bois pour les constructions navales.
Moucoumoucou (caladium giganteum), plante qui pourrait être employée à la fabrication du papier.
Moureiller (malpighia altissima aubletii), de vingt-cinq à trente mètres de hauteur, un mètre de diamètre, bois dur et compact: bon pour constructions.
Mouriri (mouriri guyanensis aubletii), son tronc seul a quinze mètres de hauteur ; bois dur et compact : commun entre le premier et le dernier saut de la rivière de Sinnamary.
Moutouchi (pterocarpus suber), hauteur dix-huit à vingt mètres, diamètre soixante-dix centimètres; bois de couleur jaunâtre, veiné de noir : excellent pour l’ébénisterie.
Muscadier (myristica aromatica). (Voir chapitre VII).
Nangossy (terminalia anibouca) ; charpente, ébénisterie.
Nattier ou bois de natte (achras imbricaria), mêmes usages.
Oranger (citrus aurantium) ; son bois, très dur sert à faire des maillets et des manches d’outils.
Oseille de guinée (hibiscus sabdariffa), nom vulgaire de la ketmie acide : on en fait un sirop très rafraîchissant.
Ouabé (omphalea diandria), liane produisant une huile utilisée pour le graissage des machines : on fait de ses graines préparées des colliers et des bracelets.
Ouacapou (wacapoua americana), bois incorruptible et inattaquable par les insectes ; bon pour les constructions. Sa grande dureté́ permet d’en faire des mortiers et des pilons. Ouacapoua est son nom galibi : Aublet le nomme angelin de la Guyane (vouacapoua americana).
Ouapa ou Wapa, deux espèces : 1° ouapa blanc pu ouallaba d’Aublet (eperua falcata), on appelle ce bois à Cayenne, bois sabre ; 2° ouapa violet (ouapa simira). Les éclats de ces deux espèces huileuses étant allumés peuvent servir de flambeaux. On en fait des manches de haches et autres outils, des palissades, des pilotis ; ces deux bois sont bons pour la charpente et les constructions navales : tous deux durs, pesants; incorruptibles dans l’eau, à l’air ou en terre.
Ourate (ouratea guyanensis), un des plus grands arbres forêts de la Guyane : la hauteur seule de son tronc est de plus de vingt mètres. Son bois très blanc peut se couper aisément. Bon pour les constructions navales.
Palétuvier, plusieurs espèces : palétuvier rouge (rizophora mangle), propre aux constructions ; cette espèces est très commune sur les bords de la mer et à l’embouchure des fleuves de la Guyane ; son écorce contient de cinq à sept fois plus de tannin que l’écorce du chêne; palétuvier de montagne (taonabo dentata), charpente, bardeaux; son écorce sert pour tanner les cuirs; les trois espèces de palétuviers blanc (avicennia nitida et tomentosa) et le lagunculariade Jaquin, servant pour les petites mâtures ; palétuvier grand bois (avicennia aubletii), écorce à tan ; menuiserie ; une de ses espèces les plus nombreuses est le manglier (conocarpus).
Palmier, quatorze espèces, dont les principales fournissent des fruits bons à manger : le dattier (phœnix dactilifera) ; l’aouara ou avoira (astrocaryum vulgare), dont le fruit est excellent pour les bestiaux ; huileux et savonneux ; le paripou (gulielma speciosa) ; le maripa (attalea excelsa) ; le comou (œnocarpus bacaba), fournissant une huile excellente pour l’alimentation ; bon pour la savonnerie; le conana-mon-père (astrocaryum acaule) et le palmier bache (mauritia flexuosa) ; ces deux derniers excellents pour la saponification.
Palmier pinot (uterpe oloracea), se trouve en abondance dans les savanes noyées appelées pinotières.
Panacoco ou bois de fer (erythrina corallodendron); vingt mètres de hauteur et un mètre de diamètre. Son bois est regardé comme incorruptible ; bon pour les constructions et l’ébénisterie ; produit des graines rouges tachetées d’un petit point noir : on en fait des colliers et des bracelets très recherchés.
Papayer (carica papaya), de la famille des cucurbitacées, s’élevant à sept mètres sur une lige simple ; remarquable par la rapidité de sa croissance. Ses fruits, gros comme un petit melon, sont charnus, jaunâtres, d’une saveur douce et d’une odeur aromatique ; on les mange confits au sucre ou au vinaigre.
Parcouri, grand arbre non encore décrit ni classé; bois de construction de bonne qualité; excellent pour faire des parquets.
Pareira-brava(abuta rufescens), liane qui guérit les maladies de foie et de vessie. .
Patate (convolvulus batatas). (Voir chapitre VII.)
Patawa (œnocarpus patawa) ; bon pour la savonnerie.
Pekea (caryocar butirosa linnœi) ; vingt-sept mètres de hauteur, un mètre de diamètre; pourrait être utilement employé́ pour la construction des navires: on s’en sert à cet usage au Para; une de ses espèces est le saouari ou chawari. (Voir ce mot.)
Pied-de-poule (cynosurus indicus ou virgalus) ; on en fait usage, en décoction, pour calmer les convulsions auxquelles les enfants sont sujets.
Petite-feuille, grand arbre non décrit: bon pour les constructions.
Piment (capsicum frutescens), condiment.
Pitre (bromelia pigna); les fibres blanches et soyeuses, extraites de ce broméliacée par le battage et le rouissage, sont employées à faire des lignes de pèche, des hamacs et des cordes.
Poivre (piper). (Voir chapitre VII.)
Pomme de Cythère (spondias cytherea) ; originaire de Taïti, évi de Bourbon.
Pomme-rosa (eugenia angustifolia); on 1’appelle aussi jambolier ; fruit de forme et de couleur admirables, rafraichissant, mais sans saveur.
Potalie amère (potalia amara aubletii), plante à racine fourchue, garnie de fibres dont toutes les parties sont très amères. Les jeunes tiges sont quelquefois chargées de graines d’une résine jaune, transparente, qui, exposée au feu, s’enflamme et répand une odeur aussi agréable que celle du benjoin ; ses feuilles et ses jeunes tiges sont employées, en tisane, pour guérir les maladies vénériennes ; à forte dose, elle est vomitive et sert de contre-poison au manioc.
Préfontaine (cipanao des Galibis) ; il se trouve très répandu dans la colonie, et surtout dans l’Approuague ; bon pour les constructions et l’ébénisterie.
Psichotré violette ou bétoine (psichotria herbacea aubletii) ; arbrisseau dont l’écorce, infusée, est astringente et apéritive. Elle est de la famille des rubiacées dont une des espèces est l’ipeca-cuanha.
Quapoyer (quapoya scandens aubletii) ; arbrisseau dont l’écorce et les feuilles rendent un suc résineux.
Quararibe(quararibea guyanensis aubletii), dont l’écorce filamenteuse peut fournir de bonnes cordes.
Quatelé, nom donné par Aublet aux quatre espèces de lecythis grandiflora, amara, lutea, et zabucajo, atteignant à une grande hauteur ; leur écorce est filamenteuse. Le lecythis grandifloradonne le fruit appelé́ canari-macaque, et le lecythis zabucajoest vulgairement et improprement nommé, dans le pays, maho-coton.
Quinquina (chinchonna). Cet arbre n’a pas encore été rencontré, mais doit exister à la Guyane française.
Raphia (sagus raphia), propre à la saponification.
Remire maritime (remirea maritima aubletii), plante sudorifique et diurétique.
Ricin (ricinus communis), utilisé dans la médecine et la pharmacie.
Riz (oryza sativa). (Voir chapitre VII)
Roucouyer (bixa orellana). (Voir chapitre VII)
Rondier (livistonia sinensis), bon pour la savonnerie.
Safran (curcuma longa) ; teinture et coloration.
Saint-Martin (bignonia), très facile à travailler ; bon pour les constructions.
Salsepareille (smilax sarsaparilla), très abondant à la Guyane dans le haut de toutes les rivières.
Saouari, deux espèces : caryocar tomentosum et saouari glabra ; bois de constructions, courbes, madriers, bardeaux. L’amande du fruit de la seconde de ces deux espèces est agréable en cerneaux (Aublet).
Sapotillier (achras sapota), produit un fruit de forme ovale d’un goût exquis.
Sassafras (licaria guyanensis), bois de première qualité pour constructions navales : variété du bois de rose femelle avec lequel on la confond.
Satiné, deux espèces : satiné rouge (ferolia guyanensis) et satiné rubané (ferolia varigata) ; ces deux bois sont les plus beaux qu’on puisse employer en ébénisterie et en marqueterie.
Savonnier, trois espèces : sapindus frutescens, arborescens, saponaria.Cette dernière sert à la saponification, et la première donne des fruits que leur chair agréable fait rechercher comme aliment par les habitants des quartiers ; ses amandes produisent une huile bonne à manger : avec les noyaux, on fait des colliers et des bracelets.
Sésame(sesamum) ; sa graine fournit une huile, qui, fraîche, est bonne a manger.
Simarouba (simaruba officinalis), grandes dimensions ; bon pour planches et bardeaux : l’écorce des racines est purgative et vomitivé, guérit la dysenterie et coupe la fièvre.
Simira (simira tinctoria aubletii) ; l’écorce de cet arbre très commun dans l’Orapu (Oyac), trempée dans l’eau, lui communique une couleur d’un beau rouge. Des essais faits à Cayenne donnent lieu de penser qu’on pourrait l’utiliser pour teindre en rouge vif la soie et le coton.
Sipanao. (Voir Préfontaine.)
Spermacoce (spermacoce scanden); plante vivace, grimpante, se trouvant sur l’écorce des arbres ; antisyphilitique.
Tamarinier (tamarindus indicus); on fait de son fruit une boisson agréable, en délayant sa pulpe dans l’eau : c’est un préservatif contre le scorbut.
Tapure (tapuria guyanensis) ; on le nomme à Cayenne, bois de gaulettes : bon pour lattes ; très commun dans le voisinage de la Montagne-Serpent.
Thoa (thoa urens), arbrisseau qui fournit une gomme transparente.
Touca ou tonka (bertholletia excelsa) ; les amandes ou graines de son fruit fournissent une huile estimée.
Vanillier (vanilla aromatica), croît spontanément dans toutes les forêts de la Guyane. (Voir chapitre VII)
Verveine (verbena officinalis) ; on la brûle pour en retirer la potasse.
Vétivert ou plutôt vétyver (andropogon muricatum) ; ses racines desséchées, très odorantes, servent à préserver les fourrures et les vêtements de laine des atteintes des vers.
Violette itoubou (viola itoubou Aublet); espèces d’ipecacuanha. Voyère (voyria aubletii). Aublet n’en a reconnu que deux espèces : la voyère rose (voyria rosea) ; cuite sous la cendre, son goût ne diffère pas de celui de la pomme de terre; la voyère bleue (voyria cœrulea), qui a les qualités de la gentiane. M. Leprieur a reconnu sept autres espèces de voyère.
Yayamadou ou guinguiamadou (virola sebifera), deux variétés : le yayamadou à gros fruits, muscadier sauvage, qui fournit un bon bois pour les constructions, et le yayamadou à suif, qui produit une matière excellente pour la fabrication des bougies.
Zaguenette ou agrinette (bactris pectinata, Martius); plante utilisée pour la savonnerie.
On peut reconnaître, d’après cette nomenclature, quelque incomplète qu’elle soit, que la Guyane française renferme un nombre considérable d’arbres de la plus grande dimension et de la meilleure qualité́, pouvant servir aux constructions civiles et navales, aux travaux des chemins de fer, au charronnage, à la charpente, à l’ébénisterie, à la marqueterie ; on trouvera dans un bon et utile ouvrage intitulé l’Avenir de la Guyane française, par M. Chaton, les principales espèces de bois avec indication de leur pesanteur spécifique et de leur force. Un rapport de M. Lapparent, insèré dans la Feuille Guyane française, et l’excellent livre de Noyer, Forêts vierges de la Guyane française, pourront fournir aussi de très intéressants détails sur les propriétés, des principaux bois de ce pays.
Quant aux autres essences de bois dont la Guyane abonde, celles qui donnent les gommes, les baumes, les résines, les textiles, pouvant toutes produire des matières utilisables dans le commercé, dans l’industrie, en médecine et en pharmacie, matières que nous allons chercher à grands frais à tous les bouts du monde, nous les signalerons ultérieurement et tout particulièrement à l’attention des spéculateurs dans notre chapitre XV, qui traitera de l’Industrie à la Guyane française.Nous pouvons dire, d’ailleurs, dès à présent, que toutes ces richesses végétales, grâce à la sollicitude du Gouvernement et aux expériences auxquelles il les livre journellement, sont déjà connues et commencent à entrer avec avantage dans le domaine commercial métropolitain[2].
Fin du chapitre VI
[1]Quand on cite, en botanise, le nom même du botaniste, c’est que celui-ci est l’inventeur du végétal ; quand on latinise ce nom et qu’on le met au génitif, c’est qu’il lui a été dédié.
[2] Nous nous sommes efforcé de donner, aussi exactement que possible, la nomenclature des végétaux utiles. Il peut, toutefois, s’être glissé, dans cette partie de notre travail, des omissions et des erreurs. Nous pouvons, des à présent, en rectifier quelques-unes commises dans notre précèdent chapitre, qui traite du règne animal.
Ainsi, nous avons omis, parmi les rongeurs, le guélingué qui semble n’être qu’une variété de l’écureuil (sciurus palmarum) et tient du rat palmiste dont il a l’odeur.
Ainsi encore, nous avons classé à tort, parmi les gallinacés, le canard sauvage (anas silvestris) ; il avait naturellement sa place à la suite de palmipèdes, les sarcelles et les canards (anas).
Une autre erreur plus grave est le classement du plongeon (mergus aquaticus) dans les échassiers : il appartient également aux palmipèdes.
On nous pardonnera ces fautes si l’on veut bien considérer le peu de ressources que nous offraient, en cette matière difficile, les livres écrits sur la Guyane. Presqué tout était a faire.

