Exposition des lingots d’or à Paris (partie 5)

Source du document : Archives Territoriale de la Guyane (ATG)

Document : Moniteur de la Guyane Française année 1874 n° 27 du samedi 4 Juillet 1874

Le Président fait ensuite connaître au Comité les dispositions prises pour l’exposition à Paris des lingots d’or provenant des placers de la Guyane.

Les lingots au nombre de 92 ont été vendus à leur arrivée, par M. L. de St Rémy, agent central des Banques coloniales, au comptoir Lyon-Alemand, au prix de 675,000 francs comptant, non compris les pépites et l’or amalgamé réservés pour être estimés ultérieurement. Une condition a été mise à cette vente, c’est que ce magnifique lot, quoique devenu la propriété du comptoir Lyon-Alemand, demeurera exposé, pendant une quin­zaine de jours, aux regards du public, afin d’appeler l’attention sur les richesses minéralogiques de notre belle colonie.

M L. de St Rémy, par cette combinaison, a allégé la Banque de la garde d’un dépôt aussi important que celui de 675,000 francs d’or, a réduit autant que possible et limité d’une manière précise le sacrifice que la Banque consentait à faire dans l’inté­rêt de la colonie ; enfin, tout en aliénant complètement le lot d’or dont il a reçu le prix, il en a conservé la disponibilité pen­dant un certain nombre de jours, en vue de l’exposition à faire. Le Comité, comme la colonie, ne saurait lui témoigner trop vivement l’expression de sa satisfaction pour les résultats qu’il a obtenus, tout en ne mêlant en rien l’Administration à ses agis­sements.

M l’Agent central a, en outre, choisi un local merveilleuse­ment convenable, situé au beau milieu du boulevard des Italiens, dans l’ancienne maison du Café-de-Paris, de légendaire mémoire. Il y a là un splendide magasin d’onyx algérien, luxueusement installé, dont le propriétaire nous accorde l’hospitalité à la mode écossaise, à la condition toutefois que la maison Lyon-Alemand emportera tous les soirs la vitrine contenant le précieux, mais trop tentant dépôt. Il faut donc renoncer à l’idée un peu ambi­tieuse de l’éclairage électrique.

Aussitôt l’organisation de la vitrine et les dernières disposi­tions de détail achevées, une publicité sérieuse attirera le monde des affaires vers notre Exposition, où il apprendra ce que peuvent attendre les capitaux et les bras d’une terre qui produit de pa­reilles richesses.

Le Président du Comité

C.Cassé

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Exposition d’un lingot d’or à Paris (partie 2)

Source du document : Archives Territoriale de la Guyane (ATG)

Document : Moniteur de la Guyane Française année 1874 n° 16 du samedi 18 Avril 1874

Le comité d’exposition, en faisant connaître aux habitants de la Guyane que les ventes d’or et les promesses de ventes à la Banque s’élèvent, ce jour, à 162,237 kg, représentant une valeur de 505 930,88 francs, fait un nouvel appel aux exploiteurs et aux détenteurs d’or, pour qu’ils aident à parfaire le chiffre de 200 kilogrammes, poids que doit atteindre au minimum le lingot à exposer. Les noms des producteurs qui auront contribué à la formation de ce bloc seront inscrits, avec les quantités fournies, sur la notice qui accompagnera le lingot et publiés au Moniteur de la colonie de samedi prochain.

On se plaint de tous côtés de la place qu’occupe la Guyane au dernier rang de toutes les expositions coloniales; on gémit sur l’état de marasme dans lequel se traînent le commerce, l’industrie, l’agriculture; on récrimine contre la flétrissure qu’inflige au pays son rôle de colonie pénitentiaire : une occasion s’offre de faire enfin connaître la Guyane à sa valeur, de la pla­cer au premier rang par l’exposition d’un produit sans rival dans les autres colonies.

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Projet d’une exposition d’un lingot d’or à Paris (1874)

Source du document : Archives Territoriale de la Guyane (ATG)
Document : Moniteur de la Guyane Française année 1874 n°15 du samedi 11 avril 1874

Chronique Local

Comité Central D’Exposition
Séance du 9 avril 1874

Note lue par M. Cassé, président du comité, sur l’exposition à Paris d’un lingot d’or provenant des placers de la Guyane.

Messieurs
Dans la séance du 15 janvier de cette année, un membre nous disait que M. le Gouverneur avait émis la pensée que l’or recueilli à la Guyane, pendant deux mois, fut déposé à la Banque, qui en aurait avancé la contre-valeur et que cet or, fondu en un seul bloc eût été envoyé en France et placé dans l’un des passages fréquentés de Paris. Le résultat de cette exhibition était facile à prévoir. Les hommes ont souvent besoin pour croire à l’existence de certaines choses, d’avoir les sens frappés par des objets visibles et tangibles. Or, la présence d’un pareil échan­tillon des richesses de la Guyane n’aurait pas manqué d’attirer l’attention, d’éveiller les convoitises, et il n’est pas douteux que des capitaux eussent été envoyés ou apportés de France, pour être employés à l’exploitation de ces richesses. Mais cette pensée n’a pu se réaliser à cause de l’indifférence ou du mauvais vouloir des producteurs.
Puis notre collègue proposait de faire fondre un bloc de cuivre représentant le volume de la production de l’or dans la colonie depuis quatorze ans. Cette proposition était ajournée par la raison que le but ne serait pas atteint par la transmutation de l’or en cuivre.

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