Chronique Locale : Nouvelles des quartiers.

Source : Moniteur de la Guyane Française 1877 n° 9 samedi 3 Mars 1877. Archives Territoriales de la Guyane .

L’Administration vient de recevoir du commissaire-comman­dant de Mana un rapport qui contient, sur les progrès de l’activité industrielle de ce quartier, des informations assez intéressantes pour qu’il ait paru opportun de les publier ci-après dans le Moniteur :

Mana, le 9 mai 1877.

Monsieur le Directeur,

« Le quartier de Mana prenant chaque jour une importance croissante au point de vue aurifère, je crois qu’il vous paraîtra intéressant d’être mis au courant de ce qui se passe dans ce quartier.

« Le petit bateau à vapeur de MM. Bremond et Cie est arrivé ici le 28 avril 1877, sans avaries, convoyé par la goélette la Re­vanche appartenant aux mêmes négociants.

« II est monté le 1er mai, à trois heures du soir, remorquant un canot chargé de vivres pour le placer Bonne-Entente, laissant à Mana un petit approvisionnement (8 tonneaux environ) de charbon en briquettes. Quatre heures après, il a été obligé de redescendre pour cause d’avaries (un boulon sauté qu’il a fallu refaire et tarauder ici). Reparti le 2 mai, il était de retour le 7 mai, à quatre heures du soir, de la rivière Lézard ou petite rivière dans laquelle se trouve le placer Bonne-Entente, ayant heureusement effectué son voyage et franchi les sauts de la Mana, savoir: 1° saut Sabas; 2° petit saut Sabas; 3° saut Va­lentin ; 4° saut Maïpouri ; 5° saut Belle-Etoile ; 6° saut Tamanoir ; 7° saut Dalle, sans aucun accident. J’espère donc que ce nouveau moyen de transport rendra plus faciles les communications entre les placers de la rivière de Mana et le bourg. Ces placers de­viennent en effet de plus en plus intéressants comme vous le voyez, au point de vue des résultats :

Production

Mois de Mars

Fromager-Tama­noir (2 Fromagers) : 1,693 kg

Fourca                                                     2,225 kg

Ex-placer Escalon, Pierret et Cie       0,500 kg

Décision                                                4,460 kg

Bonne-Entente                                    8,242 kg

Enfin                                                   4, 627 kg

Total:                                                  21,747 kg

Mois d’avril

Fromager-Tama­noir (2 Fromagers) : 1,014 kg

Fourca                                                     2,070 kg

Ex-placer Escalon, Pierret et Cie       3,550 kg

Décision                                                7,063 kg

Bonne-Entente                                    9,732 kg

Enfin!!                                                  16,233 kg

Total:                                                   39,662 kg

« Dans la crique Portal, à 50 kilomètres environ, M. X… a été arrêté dans sa course en barque par un saut de 60 mètres d’élévation sur 300 mètres de longueur infranchissable.

« Ce saut offre un beau spectacle à l’œil du voyageur. Le bassin supérieur de la crique Portal, visité par lui à pied, est aussi beau et aussi large que le bassin inférieur (40 à 50 mètres de largeur).

« Selon lui, la rivière Laussat donnerait par une branche dans Iracoubo et Portal, dans Sparwine (Maroni) par une autre branche.

« Dans ce cas, ces canaux naturels pourraient servir à établir des voies de communication intérieure beaucoup plus facile entre ces divers quartiers.

« Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’assurance de mon profond et respectueux dévouement.

A. Lenourichel.

 

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La Guyane

Source du document : Archives Territoriales de la Guyane

Document : Moniteur de la Guyane Française 1875 N° 7 samedi 13 fév. 1875

Article de Paul Cée (Correspondant maritime)

LA GUYANE.

II y a vingt ans environ, vers 1856, un homme qui avait longtemps habité la Guyane et l’avait parcourue en tous sens, un homme qui tint longtemps le sceptre des échecs après Philidor et Labourdonnaye et qui est mort en Algérie, à son château d’Hydra, où l’un des premiers il acclimata les vignes du Bordelais, M. de Saint-Amant, nous disait en parcourant du doigt le cours des rivières de la Guyane française et surtout celui de l’Approuague :

« L’or a été découvert ici. L’or s’y trouve en pépites déposées sur les fonds de sable ou de vase de l’Approuague et de ses affluents. Avant moi on a signalé ces richesses ; l’an dernier, M. Couy a appelé sur elles l’attention publique ; le moment est venu de cons­tituer une société capable de les exploiter. »

Et M. de Saint-Amant ajoutait:

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Exposition des lingots d’or à Paris (partie 6 et fin)

Source du document : Archives Territoriale de la Guyane (ATG)

Document : Moniteur de la Guyane Française année 1874 [n° :…, date :…]

Lot d’or de la Guyane française

Voici quelques détails précis et de nature à intéresser nos lecteurs sur le lot d’or de la Guyane française, dont plusieurs journaux ont récemment parlé d’après des renseignements peu exacts. D’abord, il ne s’agit pas d’un lingot de 200 kilogrammes, masse qui n’aurait pu être fondue dans la colonie et qui même ne pourrait l’être à Paris qu’à l’aide d’appareils spéciaux, mais d’un grand nombre de moyens ou petits lingots, d’une certaine quantité de pépites de choix, et de quelques grumeaux d’or amalgamé (avec le mercure), le tout pesant 205 kilogrammes. Ensuite, il n’a jamais été question de placer cette grosse valeur dans le local de l’exposition des colonies au palais de l’industrie ; l’administration n’aurait pu en accepter la responsabilité.

Le Comptoir veuve Lyon-Alemand, qui en est devenu ac­quéreur au prix de 675,000 fr., a consenti à faire pendant quel­ques jours une exposition de cette belle production aurifère dans les magasins de vente des onyx algériens, boulevard des Italiens. C’est là qu’on peut l’admirer à partir de ce jour.

Il importe d’ajouter que ce lot, envoyé à Paris par la Banque de la Guyane, qui l’a acquis de divers exploitateurs, ne doit pas tout à fait représenter la production d’un mois. Il a été obtenu par de petites associations locales qui se sont formées depuis la liquidation d’une société anonyme naguère constituée à Paris pour l’exploitation d’une vaste concession territoriale obtenue du gouvernement, et qui ont fractionné cette exploitation. L’or natif de la Guyane est un des plus purs qui existe, et certains lingots ont atteint jusqu’à 985 millièmes de fin. Il est générale­ment en pépites. Ce sont les localités de Mana, de Kourou, de Sinnamary, de l’Approuague et de la Comté qui ont principale­ment fourni celui aujourd’hui exposé.

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Exposition d’un lingot d’or à Paris ( partie 4)

Source du document : Archives Territoriale de la Guyane (ATG)

Document : Moniteur de la Guyane Française année 1874 n° 18 du samedi 2 Mai 1874

La Banque, à laquelle le comité d’Exposition témoigne toute sa gratitude pour le concours précieux et […] qu’elle a prêté aux opérations d’achat d’or, a recueilli deux cent cinq kilogrammes quarante-cinq grammes provenant des placers de la Guyane, dont la désignation suit :

Lieuquantité en grammes
Kourou674
Mana5 686
Sinnamary 159 905
Approuague28 150
Comté1 0630
Ensemble205 045

L’idée du Chef de la colonie dont la réalisation avait été longtemps ajournée, a reçu […] exécution en moins de vingt jours ! C’est grâce à l’aide indispensable de la Banque, à l’empressement des producteurs qui ont compris que les conve­nances d’affaires devaient s’effacer devant l’intérêt général, à l’appui persévérant de la haute administration, grâce surtout à cette terre d’or, qui […] enfin ses sources de productions, qu’un pareil résultat a pu être atteint !

L’exposition de […] lingots dans les salons de la Banque a attiré la population de Cayenne, émue et comme surprise par la révélation des richesses de la Guyane. Les pavillons de la France, de l’Angleterre, de la Hollande et des Etats-Unis, réunis en trophée autour de notre exposition, conviaient ces nations, à qui semble dévolu le monopole de la colonisation, à renouveler sur notre Guyane, comme sur une terre nouvellement décou­verte, les merveilles réalisées en Californie et en Australie. La foule était grande autour des lingots élégamment exposés, que les mains […] avides et curieuses, avaient peine à soulever.

Aujourd’hui, nos lingots embarqués voguent vers la France souhaitons-leur bonne chance, car cette chance, c’est celle de la Guyane !

Le Président du comité central d’Exposition

C.. CASSÉ.

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Exposition d’un lingot d’or à Paris (partie 3)

Source du document : Archives Territoriale de la Guyane (ATG)

Document : Moniteur de la Guyane Française année 1874 n° 17 du samedi 25 Avril 1874

Liste des producteurs qui ont concouru à la formation du lingot d’or avec le détail des provenances et des quantités fournies.

LieuNom des donateursquantité en grammes
Kourou M. Beillevert674
Sinnamary MM.Smich et Ely1 841
Lupé1 485
Murphy472
Céïde 69 204
Vitalo58 889
Saint-Philippe et Ralli2 410
Briton 348
Cléobie5 074
Azor11
Morol frères, Lupé et Cie9 058
Maisier920
APPROUAGUE MM. Carnavant 5 350
Mme Pautier8
Philibert1 124
Riamé4 706
Eugénie9
Isnard frères4 628
Veuve Ferjus22
P. Wacongne2 469
Manlius4 488
Jalbaud5 346
COMTÉMM. Hubert1 006
Trinité530
Eboué 173
Darredeau657
Margry371
Le Boucher 21
Couy 3 000
Total184 294

Ces 184 334 grammes, valent, dans la colonie, la somme de 577,857 francs, qui, augmentée des droits de sortie, du fret, de l’assurance et des menus frais, à raison de 193,60 francs, par kilogramme, représentera en France la somme totale de 613544 francs.

(Remarque : il y a une erreur de 40gr entre les calculs réels et celui du Moniteur. Le chiffre du journal a été conservé.)

Le Comité remercie tous les producteurs dont le concours a permis d’arriver à un pareil résultat. Il a le ferme espoir que la colonie ne restera pas en deçà du but qu’elle veut atteindre et que les producteurs et les détenteurs d’or qui n’ont pas encore versé s’empresseront de parfaire le lingot de 200 kilo­grammes annoncé et qui sera expédié par le prochain courrier.

Le Président du comité central d’Exposition

C.. CASSÉ.

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