
Source du document : Archives Territoriale de la Guyane (ATG)
Document : Moniteur de la Guyane Française année 1874 [n° :…, date :…]
Lot d’or de la Guyane française
Voici quelques détails précis et de nature à intéresser nos lecteurs sur le lot d’or de la Guyane française, dont plusieurs journaux ont récemment parlé d’après des renseignements peu exacts. D’abord, il ne s’agit pas d’un lingot de 200 kilogrammes, masse qui n’aurait pu être fondue dans la colonie et qui même ne pourrait l’être à Paris qu’à l’aide d’appareils spéciaux, mais d’un grand nombre de moyens ou petits lingots, d’une certaine quantité de pépites de choix, et de quelques grumeaux d’or amalgamé (avec le mercure), le tout pesant 205 kilogrammes. Ensuite, il n’a jamais été question de placer cette grosse valeur dans le local de l’exposition des colonies au palais de l’industrie ; l’administration n’aurait pu en accepter la responsabilité.
Le Comptoir veuve Lyon-Alemand, qui en est devenu acquéreur au prix de 675,000 fr., a consenti à faire pendant quelques jours une exposition de cette belle production aurifère dans les magasins de vente des onyx algériens, boulevard des Italiens. C’est là qu’on peut l’admirer à partir de ce jour.
Il importe d’ajouter que ce lot, envoyé à Paris par la Banque de la Guyane, qui l’a acquis de divers exploitateurs, ne doit pas tout à fait représenter la production d’un mois. Il a été obtenu par de petites associations locales qui se sont formées depuis la liquidation d’une société anonyme naguère constituée à Paris pour l’exploitation d’une vaste concession territoriale obtenue du gouvernement, et qui ont fractionné cette exploitation. L’or natif de la Guyane est un des plus purs qui existe, et certains lingots ont atteint jusqu’à 985 millièmes de fin. Il est généralement en pépites. Ce sont les localités de Mana, de Kourou, de Sinnamary, de l’Approuague et de la Comté qui ont principalement fourni celui aujourd’hui exposé.
