Source: La Semaine Guyanaise (LSG) n°466 du 26 novembre 1992, page 3. Reproduction interdite, voir M Alain Chaumet pour demande.

Stèle dédiée aux missionnaires de Guyane
150e anniversaire
Le Supérieur Général des Frères de Ploërmel, retenu au Sénégal pour le 150eanniversaire de la fondation missionnaire avait délégué pour l’inauguration de la stèle le Frère Emmanuel Pedrono, représentant sa congrégation. Cette stèle a été élevée à la mémoire des nombreux Prêtres, Pères et Frères de Ploërmel qui sont morts à la tâche dans ce grand champ d’apostolat de la Guyane…
Il y a 150 ans, trois Frères de Ploërmel : le Frère Louis- Joseph, Directeur principal, le Frère Vincent de Paul, et le Frère Timoléon quittaient la France le 16 novembre 1842, pour fonder une mission en Guyane. Embarqués sur le bateau « L’Oise », ils arrivèrent à Cayenne le 1erfévrier 1843.

Le Frère Louis- Joseph fut donc le fondateur et le Directeur Général jusqu’en 1857. C’était un religieux robuste, droit, intelligent, dur pour lui mais aussi exigeant pour ses Frères adjoints. Au cours de ses quatorze années passées en Guyane, fut défrichée, plantée, la grande propriété gui s’agrippait à la colline, à la sortie de Cayenne. Propriété connue sous le nom de Terrains des Frères de Ploërmel dans le quartier de Raban. (Elle a été récemment vendue et partagée en différents lots). Mais venons-en aux écoles car les Frères étaient arrivés en Guyane pour enseigner. La première école s’ouvrit à Cayenne le 7 mars 1843, avec 160 élèves. Deux mois plus tard, ils atteignaient le chiffre de 200.
Le 3 octobre 1843, arrivait le renfort de trois nouveaux Frères… Au cours de 1844, furent créées une classe spéciale pour les petits esclaves, et deux classes pour les fils de familles riches qui ne voulaient pas être mélangés aux autres. Le nombre d’élèves se chiffrant cette année- là, à 300. De plus, en cette même année 1844, on créa une étude du soir, des cours pour les adultes et des catéchèses supplémentaires, les jours de congés.
En 1845, deux Frères créoles venant des Antilles arrivèrent à Cayenne pour l’enseignement des esclaves.
Le Frère Rimbert, en 1848, prend en main la direction de l’école des garçons à Mana.
En 1850, les Frères Lyphart et Héraclas ouvrirent à Montsinéry la première école de quartier.
En janvier 1851, mouraient de la fièvre jaune les Frères Clet et Helier, respectivement âgés de 34 et 23 ans… Le 4 novembre de la même année, le Frère Quadras-Marie rendait son âme à Dieu à l’âge de 20 ans ; il n’était à Cayenne que depuis le 22 janvier,
Ces décès ne décourageaient pas les volontaires pour la mission de Guyane ; six nouveaux débarquèrent mais attendirent la fin de l’épidémie à Montsinéry. L’ouverture de l’école de Rémire eut lieu en 1852.
En 1864, on comptait en Guyane 10 établissements d’instruction publique, tenus par 33 instituteurs, fréquentés par 800 élèves. Presque tout l’enseignement des garçons était assuré par les Frères.
Plus tard, on créait les écoles du Maroni et de Tonnégrande. Des essais d’écoles d’agriculture furent tentés à Mana (1848 à 1854), à Montsinéry (1850-1854), à Rémire (1852-1854).
Entre 1854 et 1880, les Frères dirigent aussi le collège communal de Cayenne qui fut laïcisé en 1880. C’est alors qu’on ouvrit une école libre à Cayenne, mais les Frères quittèrent définitivement la Guyane en 1910.
En plus des écoles d’agriculture, les Frères de Ploërmel assuraient déjà un enseignement technique très apprécié et des Guyanais, et des autorités, ils apprenaient à travailler le bois, le fer, là où se trouve aujourd’hui l’école Stanislas… La formation artistique elle-même était à l’honneur, en particulier la musique : solfège, instruments, fanfare, chorale.
Au total, 141 Frères ont travaillé en Guyane et 12 y sont décédés, souvent bien jeunes ; Le Frère Ambroise n’avait que 18 ans, et le Frère Patrice, 19 ans.
Les écoles de Frères en Guyane jouissaient d’une grande réputation : travail sérieux, discipline soutenue, bonne formation morale et religieuse. Ces caractéristiques étaient reconnues par les inspecteurs d’académie, les ministres de la marine de qui dépendaient les Établissements de l’époque.
Le Frère Emmanuel PEDRONO : « Je remercie au nom de la Congrégation des Frères de Ploërmel, Monseigneur Morvan et les Pères Spiritains qui ont permis l’érection de cette stèle qui rappellera tant de dévouement à la jeunesse et à la population guyanaises. Que le Seigneur suscite de nombreuses vocations de laïcs engagés, de religieux, de religieuses, de prêtres pour remplacer ceux qui ont succombé à la tâche ».
Fin de l’article
L’Auteur n’a pas été porté dans le document d’origine.
