Pensionnat des sœurs de Saint-Joseph de Cluny à Cayenne
Source : Moniteur de la Guyane Française, n° 35 samedi 30 aout 1879. Archives Territoriales de la Guyane.
Pensionnat des sœurs de Saint-Joseph de Cluny à Cayenne
A peine le soleil avait-il paru à l’horizon, que déjà notre cité revêtait cet aspect particulier aux jours de grandes solennités. Tous s’empressaient de se rendre au couvent ; car en dehors de l’intérêt légitime excité par la distribution des prix d’un établissement qui, depuis sa fondation, – 1827 – a formé tant de bonnes élèves, l’honneur et la joie de plusieurs générations, il y avait aussi l’attrait qu’inspire toujours la musique à notre population guyanaise si heureusement douée.
Samedi dernier donc, à sept heures du matin, chacun avait pris place dans le préau qui avait été, par les soins des bonnes sœurs, paré de guirlandes et de fleurs.
L’Intrata entraînante, exécutée sur le piano, par Mlles Laure Trédos, Camélin Guébaud et Victorine Niéger, a très agréablement inauguré la solennité.
Puis comme par enchantement, nous avons assisté au défilé d’une compagnie de petits zouaves, composée des élèves de la 7eclasse qui, sous la conduite de leur capitaine, ont parfaitement réussi dans la manœuvre du fusil. Leur aspect enfantin, que dissimulait mal une attitude martiale empruntée à leur rôle, a provoqué, de toutes parts, la plus franche hilarité, et le sérieux avec lequel ils ont rempli leur devoir de soldat n’a eu d’égal que l’entrain qu’ils ont su donner à leur chœur d’ensemble : La France et les zouaves. Aussi, en ont-ils été récompensés par de chaleureux bravos, et, ce qu’ils ont plus goûté assurément, par de nombreux cornets de dragées, car les dragées, c’est leur faible.
