Source Bulletin officiel de la Guyane Française de 1848 page 361,
Archives Territoriales de la Guyane.
Le sujet est en 2 articles :
1erArticle :
Titre : Arrêté concernant la célébration de l’abolition de l’esclavage à la Guyane française en 1848.
2èmeArticle :
Titre : Programme pour la célébration de la fête de l’abolition de l’esclavage
Source Bulletin officiel de la Guyane Française de 1848 page 462 à 464
1erArticle :
(N° 276) Arrêté concernant la célébration de l’abolition de l’esclavage à la Guyane française, le 10 août 1848.
Cayenne, le 15 juillet 1848.
Nous, Commissaire Général de la République,
Vu le décret du Gouvernement provisoire, du 27 avril 1848, portant abolition de l’esclavage dans les colonies françaises ;
Considérant que par suite de la promulgation de ce décret à la Guyane française, le 10 juin dernier, c’est au 10 août prochain qu’il doit avoir définitivement son effet ;
Voulant solenniser dans ce grand acte les vues providentielles dont il est l’accomplissement ;
Avons ARRÊTÉ et ARRÊTONS ce qui suit :
Le jeudi 10 du mois d’août prochain, sera jour de fête nationale à la Guyane française.
Une messe solennelle et un Te Deum seront célébrés dans toutes les paroisses de la colonie en actions de grâces de l’abolition de l’esclavage. Toutes les autorités civiles et militaires y assisteront.
Les commissaires-commandants s’entendront avec les curés pour l’heure de la cérémonie dans leurs quartiers respectifs.
Un ordre spécial règlera le programme et l’heure de la cérémonie, en ce qui concerne la ville de Cayenne.
L’ordonnateur est chargé de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié et affiché partout où besoin sera, et inséré dans la Feuille et dans le Bulletin officiel de la colonie.
Cayenne, le 15 juillet 1848.
PARISET
2èmeArticle
Source Bulletin officiel de la Guyane Française de 1848 page 462 à 464
Titre : Programme pour la célébration de la fête de l’abolition de l’esclavage
(N° 352) Programme pour la célébration de la fête de l’abolition de l’esclavage, le 10 août 1848, à Cayenne.
Cayenne, le 4 août 1848.
Nous, Commissaire Général de la République,
Vu notre arrêté du 15 juillet dernier au sujet de l’inauguration de l’abolition de l’esclavage à la Guyane française, portant qu’un ordre spécial règlera le programme de la cérémonie à Cayenne ;
Sur la proposition de l’ordonnateur ;
Avons ARRÊTÉ et ARRÊTONS les dispositions suivantes, pour être exécutées à Cayenne, à l’occasion de l’émancipation des noirs dans la colonie :
Le mercredi 9 août, à six heures du soir, il sera tiré par la place et la rade une salve de vingt-et-un coups de canon, pour annoncer la solennité du lendemain. Le commandant de la rade commencera à tirer au second coup de canon de la place.
Le jeudi 10 août, au lever du soleil, les bâtiments de l’Etat et du commerce et le mât de signaux du fort seront pavoisés.
Les milices et les troupes de la garnison de Cayenne prendront les armes, et se réuniront, à sept heures du matin, sur la place d’Armes.
A sept heures un quart, le commissaire général de la République, accompagné des fonctionnaires et magistrats et des officiers des divers services, s’y rendra pour proclamer l’abolition de l’esclavage ; cette proclamation sera saluée par vingt-et-un coups de canon tirés par la place et par la rade.
A la suite, le commissaire général de la République passera la revue de la milice et des troupes ; après le défilé, les corps borderont la haie, depuis l’hôtel du gouvernement jusqu’à l’église, où le cortège se rendra pour assister à la messe solennelle d’action de grâces et au Te Deum qui seront célébrés, conformément à l’arrêté du 15 juillet dernier.
La place et la rade feront une troisième salve à midi.
Il sera délivré une ration extraordinaire de vingt-cinq centilitres de vin par homme, aux troupes et aux équipages des bâtiments de l’Etat.
Les militaires et tous autres individus détenus pour fautes légères seront mis en liberté.
Les travaux seront suspendus dans les ateliers et sur les chantiers.
Des danses et des jeux publics auront lieu sur la Savane et sur la place d’Armes.
Les chefs d’administration et de corps sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié et affiché partout où besoin sera et inséré dans la Feuille de la Guyane.
Cayenne, le 4 août 1848.
PARISET.
