L’ORÉÏDE, Poème de la Comté

Source : Bibliothèque National de France (BNF), Gallica.

Titre : L’ORÉÏDE

Poème de la Comté (Guyane Française)

Leblond, Fabien-Flavin. L’Oréïde : poème de la Comté (Guyane française) / avec notes explicatives des principales particularités contenues dans l’ouvrage, par F.-F. Le Bond (de Cayenne). Année 1862.

Note de l’éditeur de guyanelacolonie : « Le poème de la Comté » est décliné en cinq chants qui seront découpés par chant et proposés en plusieurs diffusions.

Les notes correspondant à chaque chant seront mises à la fin du texte.

Début du poème.

AU LECTEUR

Croyez-vous, cher lecteur, qu’il soit absolument nécessaire qu’un auteur mette une préface au frontispice de son œuvre ? Je pense d’autant moins qu’il doive s’imposer une semblable tâche, que ce petit discours préliminaire n’a jamais su détruire dans l’esprit d’un lecteur mécontent la fâcheuse impression qu’un ouvrage défectueux y fait naître. Si l’œuvre est bonne, il la lira toujours avec plaisir sans une préalable justification des faits qui sont soumis à son jugement ; si elle est mauvaise, je ne crois pas qu’il y ait d’autre alternative pour lui que de la reléguer dans le coin le plus obscur de sa bibliothèque. Le dernier cas échéant, veuillez prendre ce parti pour L’Oréïde. Deux mots seulement sur cet opuscule :

Mon seul but étant d’appeler l’attention de la Métropole et même de l’étranger sur les riches gisements aurifères de la Guyane française, qu’importe la censure de quelques-uns, si elle a pour compensation, l’approbation du plus grand nombre ?

Cayenne, le 16 Juillet 1862.

F.-F. LE BLOND

                                               L’ORÉÏDE

                       Poème de la Comté

CHANT PREMIER

ARGUMENT

L’Indien Paoline a été le principal auteur de la découverte de l’or dans la Guyane française, dans les forêts de l’Approuague en l’année 1855. Ensuite, des explorations multipliées ayant été poursuivies dans d’autres localités, le métal a été trouvé partout. La Renommée prise ici dans le sens allégorique y est personnifiée. Elle conduisit le Colon guyanais sur tous les gisements aurifères de la colonie, tels qu’ils sont désignés dans le poème.

Je chante ce métal caché dans la Guyane,
Que vit un indien tout près de sa cabane ;
Aux colons étonnés qu’il a pu transporter,
Que chacun s’empressa de voir et d’exploiter.

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LE CHIEN & LE CHAT

Titre du livre : Introduction à l’histoire de Cayenne, Contes, fables et chansons en créole d’Alfred de Saint-Quentin.

Etude sur la grammaire créole d’auguste de Saint-Quentin

Source : Bibliothèque nationale de France

Version française

(Il existe une version créole)

A propos de notes : Les notes sont mis à la fin du document.

 

LE CHIEN & LE CHAT

CONTE

—  Masak ! Masak ! (16)

—  Kam !

Vous savez combien le chien déteste le chat ? Il n’en était pas ainsi autrefois : ils étaient voisins, ils étaient amis. Le chien était bon garçon ; si on ne le taquinait pas, il ne cherchait querelle à personne. Il avait le pied léger à la chasse et l’œil sûr pour garder le logis ; mais s’il ne touchait pas le mal du doigt, il ne croyait pas à la méchanceté. Pour le chat, il était coquin, astucieux et menteur ; il craignait un peu le chien, parce que, voyez-vous, se fâcher avec le chien n’est pas bonne chose : il est colère, il est fort, il a les dents longues et il ne faut pas plaisanter avec elles.

Un jour le chien était allé à la chasse et avait tué un cerf. Il l’avait porté à sa case, en avait donné une bonne part à son voisin, avait largement déjeuné ; puis, ayant allumé du feu, il avait mis le reste de sa viande à boucaner17.  Il ferma ensuite sa fenêtre et sa porte, mit la clef dans sa poche et dit au chat : « Voisin, je vais me promener. J’ai des provisions pour demain ; aujourd’hui je me repose. »

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LE NÈGRE, L’INDIEN & LE BLANC

Titre du livre : Introduction à l’histoire de Cayenne, Contes, fables et chansons en créole d’Alfred de Saint-Quentin. Etude sur la grammaire créole d’auguste de Saint-Quentin. Source : Bibliothèque nationale de France. Version française.

LE NÈGRE, L’INDIEN & LE BLANC

CONTE 1

(NOTE 1 :

Ce conte, dont le cadre est connu depuis plus d’un siècle dans la colonie, est un des plus ingénieux que J’aie entendu raconter on créole. Il fait exception aux conceptions beaucoup plus grossières, qui forment ordinairement le fond du conte nègre.)

 

Dans ce temps-là ce n’était pas comme aujourd’hui ;

Souvent le Bondieu venait

Pour parler aux bonnes gens;

On ne le craignait pas le moins du monde;

A toute personne à qui il parlait

Il avait quelque chose à donner.

 

Trois frères, un jour de ce bon temps-là,

Parlaient de leur père

Mort tout récemment ; quant à leur mère,

Elle était morte depuis longtemps.

Voilà que le Bondieu vint à passer;

Et, quand il fut tout proche, il leur dit :

«Je vois que vous êtes tristes, mes enfants,

Parce que j’ai pris votre père si tôt ;

Ne craignez rien ! Il est bien là-haut

Avec tous les braves gens, tout près de moi.

Quand un homme comme lui meurt,

J’ai toujours soin de sa famille;

J’ai arrangé pour vous une fontaine

Dont l’eau peut blanchir votre peau.

Si vous voulez vous laver dedans,

Dépêchez-vous, pour que votre corps devienne blanc, Car cette eau s’écoule,

Et elle sera épuisée si vous perdez du temps.

C’est votre affaire ! »

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L’ÉCHO

Titre du livre : Introduction à l’histoire de Cayenne, Contes, fables et chansons en créole d’Alfred de Saint-Quentin. Etude sur la grammaire créole d’auguste de Saint-Quentin. Source : Bibliothèque nationale de France. Version française.

L’ÉCHO

Conte

Tout le monde connaît monsieur Jibi :

Il est niais, poltron, petit ;

Son ventre ressemble à celui du poisson-gros-ventre sur le sable

Ses yeux sont caves comme des trous de crabes4

Son dos est rond comme celui d’un tatou…

Et il est fat outre mesure !

Quand le dimanche il a mis ses bottes,

Son chapeau noir, sa redingote,

Il croit que toutes les femmes le regardent,

Et il fait le gentil.

Après tout Jibi n’est pas méchant.

Il se grise quelquefois avec ses amis,

Sans qu’on l’ait jamais vu se battre;

Il est peut-être trop poltron pour ça.

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