La fête du Pongol à la Martinique.

Source : Feuille de Guyane 1855, Archives Territoriale de la Guyane (Publié par Le Moniteur de la Martinique)

(Note du Rédacteur pour une meilleure compréhension : Lors de l’immigration indienne dans les colonies (Réunion, Guadeloupe, Martinique, et Guyane Française) la fête du Pongol était autorisée par les autorités coloniales par l’article 9 du contrat d’engagement de travail de l’individu(e) engagé(e)

« Article 9 : Tous les ans, à la fin de l’année, un congé de quatre jours sera accordé à l’indien pour célébrer la fête du Pongol. »

D’où l’importance de cette fête pendant l’immigration indienne, qui semblerait avoir disparue, surtout en Guyane Française. Jusqu’à ce jour aucun document n’a été trouvé qui relate cette fête à Cayenne ou dans la colonie.

Celle qui apparaît est la fête du Tadjah, appelé plus communément « Fête des Coolies », dont une carte postale de P. Hilaire montre cette fête vers 1910, bien après la fin de l’immigration indienne qui a eu lieu en Guyane Française le 11 octobre 1876.)

La publication, du mois du 1er Mars 2018, sera déclinée en trois articles :

– La fête du Pongol à la Martinique.

– La fête du Pongol raconté par un journal d’époque « Le Petit Parisien »

– Un Poème

– Une définition du Pongol par un dico d’époque.

– La fête du Tadjah racontée au Guyana.

IMMIGRATION INDIENNE.

La fête du Pongol à la Martinique.

François, le 06 janvier 1855.

Vous m’avez recommandé, mon ami, de vous faire le récit de la première fête du Pongol que mes cultivateurs indiens célébreraient. Bien que j’aie peu de loisir, je vais essayer de répondre à votre désir. J’irai au courant de la plume: votre savoir des us et coutumes indous suppléera à mon insuffisance.

Commençons par une réflexion qui me servira d’excuse dans tout le cours de ma narration. J’avoue que, malgré toute mon attention à bien observer, je n’ai saisi que très-imparfaitement le sens des allégories qui ont passé successivement sous mes yeux. Vous ne vous en étonnerez pas; car vous savez que si les Indiens n’ont pas perdu la croyance en un Etre-Suprême, leur dévotion s’adresse à une foule de divinités qu’il serait difficile d’énumérer. Les principaux dieux de l’Inde sont au nombre de dix-sept, et chaque village de cette vaste contrée en honore deux ou trois qui ne sont point reconnus par les Brahmanes.

On conçoit dès-lors combien il est difficile de se faire une idée de cérémonies émanant de sources si variées. Si la confusion est grande dans l’Inde même, elle l’est bien davantage ici. En effet, nos immigrants provenant de localités différant toutes par les formes extérieures de leur culte, nous apportent chacun leur part de rites sacrés; et de leur mélange, il résulte un tohu-bohu dans lequel il est impossible de se reconnaître.

Cette précaution oratoire prise, je me borne au rôle modeste de narrateur.

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UNE TOURNÉE AU MARONI

Source: Moniteur de la Guyane Française 1874 N° 27 samedi 4 juillet 1874

Le 14 juin, à cinq heures du matin, le Gouverneur, accom­pagné de M. Diavet, Chef du service judiciaire, de M. Couy, Conseiller privé, du Directeur du service pénitentiaire M. Godebert, et de plusieurs autres fonctionnaires, a quitté Cayenne, pour se rendre au Maroni où il est arrivé le lendemain à midi (ajout du rédacteur pour la compréhension : 15 juin 1874).

Les premières journées (ajout du rédacteur pour la compréhension : 16, 17 et 18 juin 1874) furent employées à des conférences avec le Directeur du service pénitentiaire et le Commandant supérieur, ainsi qu’à des visites sur les différentes concessions et à l’usine Saint-Maurice. Dans sa constante sollicitude pour tout ce qui touche aux intérêts et au bien-être de la colonie, M. le Gouverneur avait voulu s’assurer par lui-même de la situation des concessionnaires et étudié sur les lieux leurs besoins. Il avait déjà d’ailleurs réuni dans ce but successivement plusieurs commissions, dont l’une avait eu notamment pour objet la création d’une justice de paix à compétence étendue, afin d’assurer au Maroni une prompte administration de la justice. Tous, nous fûmes invités à visiter les concessions avec le Gouverneur, et nous pûmes constater que les champs sont bien cultivés et couverts principalement de manioc et de cannes à sucre, les cases propres et bien tenues et la plupart entourées d’un petit jardin potager. Nous remarquâmes dans l’intérieur de toutes ces cases un ordre parfait, une certaine aisance et, sur le visage des concessionnaires, cet air de satisfaction que donnent toujours une vie paisible et le sentiment du devoir accompli : certes, leur situation, au point de vue du bien-être, est meilleure que celle de beaucoup de nos fermiers de France. C’est là un juste hommage à rendre à une excellente administration.

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Une tournée à Approuague

Source: Moniteur de la Guyane Française 1874 N° 33 samedi 15 aout 1874

Le vendredi 7 août, à deux heures de l’après-midi, le vapeur le Serpent, de la station locale, recevait à son bord M. le Gouverneur et Madame Loubère, accompagnés du Directeur de l’intérieur, de M. Couy, Maire de Cayenne, Conseiller privé, du Préfet apostolique, du Président du Tribunal, de plusieurs membres du clergé, de MM. les lieutenants Halley, de l’état-major, et Noirot, de la gendarmerie.

Grâce à un temps magnifique et à sa marche rapide, le Serpent arriva en quelques heures au mouillage de l’Ilet-la-Mère où le Chef de la colonie avait résolu de faire une inspection. Or, le Gouverneur a dû garder de cette visite une impression favorable, si nous en jugeons d’après nos propres appréciations sur le gracieux aspect de cet îlot couvert d’une verdure splendide et sillonné en tous sens de promenades et de routes que ne dédaignerait pas le chef-lieu.

Le lendemain, dès le point du jour, nous quittâmes l’Ilet-la-Mère pour nous rendre dans l’Approuague, et le Serpent mouillait devant Guisanbourg à trois heures de l’après-midi.

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Essais de Dynamite

Source: Moniteur de la Guyane Française 1874 n° 49 samedi 5 décembre 1874

Jeudi dernier, une commission composée de :

MM. Revillon; Directeur d’artillerie ;

Lombard. Directeur du génie ;

Barbarin, Directeur des ponts et chaussées ;

Belon, Chef d’état-major du Gouverneur,

s’est rendue à Bourda pour faire quelques essais de dynamite sur une roche qui avait paru un peu réfractaire à l’action de la poudre ordinaire. Trois trous de mine avaient été préparés à l’avance : le premier, de 0,90m de profondeur, sur un bloc roulé d’environ quatre mètres cubes, qui obstruait l’extrémité de la route, et les deux autres, de 0,45m et 1,10m, sur une roche granitique d’un volume considérable (évalué à plus de 25 tonnes), qui touche presque à la partie postérieure du chalet de Bourda.

Les expériences commencèrent par le bloc isolé de la route. Une charge de 150 grammes de dynamite suffit pour soulever la masse entière et la partager sans éclats en quatre parties à peu près égales, avec une détonation ordinaire, quoique un peu sourde. La roche du chalet fut attaquée aussitôt après : le premier trou de 0,45m fut chargé à 100 grammes ; quelques éclats furent projetés en l’air, la mine détona fortement, mais la roche n’en fut pas ébranlée. On passa au second trou de 1,10m de profondeur, où trois coups furent successivement tirés : le premier, à la charge de 200 grammes, détona sans effet ; le deuxième, à 250 grammes, fut complètement nul ; la dynamite brûla dans la mine en fusant, sans même produire de détonation ; le troisième, à la dose précédente, détona d’une façon formidable, mais sans éclatement.

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Inauguration de la route de Cayenne au Dégrad-des-Cannes.

Source du document : Archives Territoriale de la Guyane.

Document : Moniteur de la Guyane Française année1874, N° 24 samedi 13 juin 1874.

CHRONIQUE LOCALE.

Inauguration de la route de Cayenne au Dégrad-des-Cannes.

4 juin : C’est aujourd’hui la fête d’inauguration de la route du Dégrad-des-Cannes.

En voiture et fouette, cocher !.. Voici des cavaliers, voici tout ce que Cayenne possède de voitures, charriots et cabrouets, véhicules de toutes formes et de toutes dimensions, depuis le gi­gantesque fourgon d’artillerie jusqu’au cabriolet à deux places, prompt, au moindre choc, à se débarrasser de ses voyageurs au profit du fossé voisin.

Tels, qui n’avaient ni chevaux, ni voitures, ont eu recours aux simples moyens de locomotion départis par la nature, et ont en­filé bravement, les uns à la suite des autres, les quinze kilomètres à parcourir. Bah ! La route est si belle : une vraie prome­nade, me disait le lendemain un voyageur attardé.

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