NÈG, INGUIEN KÈ BLANG

Titre du livre : Introduction à l’histoire de Cayenne, Contes, fables et chansons en créole d’Alfred de Saint-Quentin. Etude sur la grammaire créole d’auguste de Saint-Quentin. Source : Bibliothèque nationale de France. Version créole.

NÈG, INGUIEN KÈ BLANG

KONT

 

Lontan, lonan tout moun té nwè,

San pa oun blang lasou la tè.

 

Tan-là sa pa té kou jodi ;

Souvan Bonguié koutmé vini

Pou palé ké sa moun ki bon ;

Yé pa pé li okin’ fason ;

Tout sa moun li téka-palé

Li té-guen kichoz pou bay-yé.

 

Trwa frè, oun jou di bon tan-là,

Téka-kozé di yé papa

Ki soti mouri; yé manman,

So-pa, mouri dipi lontan.

 

Ala Bonguié vini pasé ;

E lô li tou proch, li di-yé :

« Mo wè zot chagrin, mo pitit,

Pas mo pran zot papa si vit;

Pa kasé kiô ! li ben laro

Ké tout bon moun, tout ôbo mo.

Lò moun tan kou-li ka mouri,

Mo toujou ka souen so fami;

Mo ranjé pou zot oun dilo

Ki pouvé blanchi zot lapo.

Si zot oulé lavé landan,

Fè vit, pou zot kô vini blan,

Pas dilo-là, li ka koulé,

Tout wa-fini si zot mizé.

Sa zot zafè ! »

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Pensionnat des sœurs de Saint-Joseph de Cluny à Cayenne

Source : Moniteur de la Guyane Française,  n° 35 samedi 30 aout 1879. Archives Territoriales de la Guyane.

Pensionnat des sœurs de Saint-Joseph de Cluny à Cayenne

A peine le soleil avait-il paru à l’horizon, que déjà notre cité revêtait cet aspect particulier aux jours de grandes solennités. Tous s’empressaient de se rendre au couvent ; car en dehors de l’intérêt légitime excité par la distribution des prix d’un établissement qui, depuis sa fondation, – 1827 – a formé tant de bonnes élèves, l’honneur et la joie de plusieurs générations, il y avait aussi l’attrait qu’inspire toujours la musique à notre population guyanaise si heureusement douée.

Samedi dernier donc, à sept heures du matin, chacun avait pris place dans le préau qui avait été, par les soins des bonnes sœurs, paré de guirlandes et de fleurs.

L’Intrata entraînante, exécutée sur le piano, par Mlles Laure Trédos, Camélin Guébaud et Victorine Niéger, a très agréablement inauguré la solennité.

Puis comme par enchantement, nous avons assisté au défilé d’une compagnie de petits zouaves, composée des élèves de la 7eclasse qui, sous la conduite de leur capitaine, ont parfaitement réussi dans la manœuvre du fusil. Leur aspect enfantin, que dissimulait mal une attitude martiale empruntée à leur rôle, a provoqué, de toutes parts, la plus franche hilarité, et le sérieux avec lequel ils ont rempli leur devoir de soldat n’a eu d’égal que l’entrain qu’ils ont su donner à leur chœur d’ensemble : La France et les zouaves. Aussi, en ont-ils été récompensés par de chaleureux bravos, et, ce qu’ils ont plus goûté assurément, par de nombreux cornets de dragées, car les dragées, c’est leur faible.

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Remaniement de la législation domaniale au point de vue des concessions agricoles et industrielles.

Source Moniteur de la Guyane Française, année 1883 page 100. Archives Territoriales de la Guyane

Remaniement de la législation domaniale au point de vue des concessions agricoles et industrielles. — Demandes des Sociétés Saint-Elie et Dieu-Merci, — Concessions diverses.

La législation domaniale a depuis quelques années besoin d’être modifiée, au point de vue surtout des concessions agricoles, et d’être mise en rapport avec la constitution actuelle de la Guyane. Aux termes du décret organique du 23 décembre 1878, c’est au Conseil général seul qu’il appartient de statuer lorsqu’il s’agit de l’aliénation des biens de la colonie. Toutefois, l’Administration, forte de l’adhésion au moins tacite de l’Assemblée, avait cru pouvoir continuer à appliquer aux concessions de terrains destinés à l’agriculture, les anciens règlements restés en vigueur.

Mais le Conseil privé, dans une séance récente, a considéré qu’il y avait là une irrégularité qu’il importait de faire cesser au plus tôt. Il sera soumis dans ce but à la Représentation locale un projet, qui, tout en respectant ses droits, donnera cependant toutes les facilités nécessaires pour que les pétitionnaires ne subissent pas des retards qui seraient préjudiciables aux intérêts mêmes du pays.

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Abolition de l’esclavage à la Guyane Française, une proclamation, deux arrêtés, et un décret

Source Bulletin officiel de la Guyane Française de 1848 page 308 et 309 ; Archives Territoriales de la Guyane

(N° 229) PROCLAMATION du commissaire général de la République aux habitants de la Guyane française.

HABITANTS DE LA GUYANE,

Un décret du Gouvernement provisoire de la République abolit l’esclavage dans toutes les colonies françaises, deux mois après la promulgation de ce décret dans chaque colonie. Vous vous y attendiez…

Aucune partie du sol français ne peut abriter l’esclavage.

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PROCLAMATION de l’abolition de l’esclavage à la Guyane française.

Source Bulletin Officiel de la Guyane Française année 1848, page 473.

Archives Territoriales de la Guyane.

(N°358) PROCLAMATION de l’abolition de l’esclavage à la Guyane française.

Habitants de la Guyane française,

Il appartenait au mouvement social et religieux de notre époque de consacrer la glorieuse régénération de la liberté dans nos colonies. À peine nous apprenions l’avènement de la République en France, et déjà avait retenti son généreux principe que nulle terre française ne peut porter d’esclaves. Les événements, depuis lors, se sont succédé, se sont multipliés; mais grâce au bon esprit et aux sentiments d’union fraternelle de toutes les classes de la population, l’ordre et la tranquillité n’ont pas cessé un moment de régner dans le pays; je mets orgueil à m’en féliciter avec vous, habitants de la Guyane ; honneur à vous !

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